Le succès du film les Misérables (pas le roman de Victor Hugo), et son triomphe aux Césars 2020, a soulevé son lot de polémiques. Le principal portait sur le caractère biaisé du point de vue, défavorable aux forces de l’ordre et faisant passer certains « voyous » pour des victimes. Personnellement, je n’avais pas du tout eu ce sentiment, voyant dans ce film la dénonciation d’un système qui entraîne tout le monde dans une spirale de violence, quand bien même le réalisateur n’avait pas abandonné sa subjectivité en route. BAC Nord peut être présenté comme le contrepoint, avec un propos qui épouse largement la vision des policiers de terrain et décrit largement leurs difficultés à remplir leur devoir. Mais un excès de manichéisme ne lui permettra pas de briller bien haut aux prochains Césars.
Si on se contente de voir dans BAC Nord un polar intense et parfois spectaculaire, renouant avec un schéma assez classique de bons et de gentils, alors vous avez toutes les chances de passer un bon moment devant ce film. Il est rythmé, présente quelques rebondissements et des scènes d’action plutôt bien menées. Mais le film cherche clairement à être plus que ça. Il se veut un portrait réaliste du travail de la police, une façon de leur rendre hommage et de dénoncer les injustices dont ils sont parfois victimes. Cependant, sur ce terrain là, le propos avance avec de trop gros sabots pour se montrer réellement convaincant. On manque d’empathie pour les personnages et l’absence d’émotion nuit gravement à la portée du propos.
Continue reading BAC NORD : De l’autre côté du miroir
Les thèmes sociétaux les plus forts et les plus actuels irriguent forcément les thématiques abordées par le septième art. On peut même parfois faire d’une pierre deux coups, ou plutôt d’un film deux coups, en en mêlant deux dans une même histoire. C’est le cas pour La Terre des Hommes qui nous offre un nouveau portrait du monde agricole, objet cinématographique assez nouveau mais qui devient relativement fréquent. Il nous présente également un nouvel exemple de violence sexuelle, sujet qui a renforcé sa présence à l’écran depuis la vague #metoo. Dans un mélange, il est parfois difficile de conserver le bon équilibre, mais il y a ici une bonne synergie entre les éléments. Même si le film n’échappe pas à tous les clichés.
Un film japonais de trois heures est quelque chose qui peut faire peur. Surtout quand on sait que Ryūsuke Hamaguchi est un réalisateur qui n’a pas occidentalisé son style, mais se place bien dans une grande tradition de films nippons au rythme de narration diffèrant des normes auxquels nous sommes habitués de ce côté du monde. La peur ne s’évanouit pas forcément quand la première heure du film nous expose des événements dont on a du mal à saisir le sens profond et la manière dont elles vont pouvoir s’assembler pour livrer un propos cohérent et surtout intéressant. Mais parfois, la patience est récompensée et le spectateur qui aura osé pourra alors découvrir Drive My Car, un très beau film, récompensé par le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.
Les geeks présentent un avantage certain pour tout auteur ou producteur qui voudrait les attirer dans une salle obscure. En effet, leur univers est tellement riche de références diverses et variées et ils apprécient tellement de les retrouver ça et là, qu’il est facile de proposer une histoire qui leur en proposera suffisamment pour les contenter. Et comme ils sont enclins à une certaine nostalgie, aimant retrouver encore et encore des liens avec ce qu’ils ont déjà aimé par le passé, il suffit de trouver une idée qui permet de surfer sur cette vague pour qu’ils dévorent avec avidité le film qui en découle. Cela peut donner un résultat de très grande classe comme Ready Player One. Ou quelque chose de beaucoup plus anecdotique comme Free Guy. Anecdotique, mais néanmoins particulièrement sympathique.
Après quinze jours de pause estivale loin de Paris et même hors de France, il était temps de retrouver le chemin des salles obscures. Une reprise relativement moyenne avec Rouge, un film engagé, avec des gentils et des méchants dedans. Un film français qui nous fait définitivement réaliser que Dark Waters un un grand film. La bande-annonce faisait d’ailleurs naître un certain nombre de craintes, mais les bonnes critiques, et la présence à l’écran de Zita Hanrot, ont pu amadouer certains spectateurs, comme moi. Malheureusement, c’est bien la première impression qui se concrétise à l’écran.
Parfois, certaines lectures sont des circonstance. Ainsi, c’est sous le soleil de Catalogne, que j’ai lu Confiteor, un roman justement écrit en catalan. Enfin, j’ai lu sa traduction française puisque ma maîtrise de la langue locale se limite à « gracies » qui remplace « gracias ». Tout cela tient évidemment de l’anecdote, même si pouvoir visualiser certains lieux qui sont cités pour les avoir arpentés moi-même quelques jours auparavant a renforcé le plaisir procuré par ce très beau roman. Un roman parfois ardu, mais d’une grande profondeur et d’une richesse remarquable.
Tous les héros connaissent leurs grands débuts. Ils les connaissent parfois lors du premier volet de leurs aventures racontées dans un ordre chronologique rigoureux. Mais souvent, les auteurs aiment à revenir à l’origine de leur héros après leur en avoir déjà fait vivre plusieurs. Robert Van Gulik n’aura pas attendu bien longtemps avant de raconter les premiers pas du Juge Ti et de ses acolytes. En effet, Trafic d’Or sous les T’ang est le premier roman de la série d’un point de vu temporel, mais le troisième qu’il ait écrit. C’est donc un héros à la fois débutant, mais déjà affirmé qui nous est présenté ici.
L’imagination a cet immense avantage qu’elle permet de stimuler les cinq sens, à travers un seul. A priori, quand vous lisez un livre, seule la vue est stimulée. Pourtant, en choisissant les bons mots, un auteur peut vous faire entendre une douce musique, sentir une caresse douce ou torride ou bien encore vous titiller les papilles gustatives. Ce sont bien ces dernières qui sont mises à contribution en lisant Une Gourmandise, un roman qui porte donc particulièrement bien son nom. Une œuvre courte pour une première œuvre qui lançait la carrière de Muriel Barbery en 2000. Une œuvre néanmoins originale et savoureuse.
On commence avec un duo californien, Midnight Sister, qui n’a même pas droit à sa page Wikipedia (ni en français, ni en anglais). Une vraie découverte donc. Leur album Painting the Roses, sorti cette année, se montre d’entrée doux et convaincant. Cela nous entraîne immédiatement dans leur univers musical, quelque peu évaporé, mais avec une vraie maîtrise. Les instrumentations joue beaucoup avec les sonorités, ce qui renforce la personnalité de leur musique. Elles offrent beaucoup de variété et une qualité constante, même si l’album se termine par un titre nettement plus en retrait. La perfection n’est pas de ce monde.
On enchaîne avec une des plus grandes stars de la scène musicale actuelle, à savoir Lana Del Rey. Son dernier album s’intitule Chemtrails Over the Country Club. Il s’ouvre tout en douceur, avec une musique posée et minimaliste, sur laquelle se pose une voix un peu plus poussée dans les aiguës que d’habitude. Cela reste très harmonieux, sonne un peu comme une berceuse. Elle nous emmène doucement dans son univers. La qualité est constante, mais sans titre phare. L’album s’écoute avec beaucoup de plaisir. On apprécie pleinement la personnalité apportée par sa voix unique. Le tout se révèle totalement maîtrisé. Chaque titre est interprété avec conviction, sans une once de dilettantisme. Pas de laisser-aller donc pour cette immense star.
Avant-dernier Poulpe… Non de la série qui compte plus d’une centaine de volumes, mais de ceux que j’ai récupérés il y a quelques années et qui trônent depuis dans ma bibliothèque. Vingt Mille Vieux sur les Nerfs est un épisode de grande qualité, qui me fera regretter de ne plus en lire régulièrement. Il me suffira de m’en racheter, me direz-vous, mais je n’ai pas toujours l’esprit très pratique. Un nouveau volume court mais suffisant, basé sur une idée de départ plutôt sympathique bien exploitée. Du divertissement littéraire léger et agréable, parfait pour oublier un été qui ressemble désespérément à un automne.
Commentaires récents