
Gone Girl, c’est d’abord un scénario. Et pas n’importe quel scénario ! Un des meilleurs jamais écrits ! Certains trouveront que je m’emballe un peu, après je ne sais pas très bien ce qu’il faut entendre par là. Dans le top 10, 100, 1000 ? Mais en tout cas un putain de scénario ! Et j’en profite pour féliciter chaudement l’auteur de la bande-annonce qui vous fait envie sans ne rien dévoiler du tout de la vraie nature de cette histoire qui compte un des rebondissements les phénoménaux jamais proposés. C’est surtout la manière dont cela est amené qui rend ce film réellement phénoménal. Un 180° qu’on ne voit pas venir et qui vous prend au dépourvu tant il intervient sans même que l’on s’en rende compte. C’est terriblement tentant d’en dire plus pour en parler, mais ça serait un crime vis-à-vis de tous ceux qui lisent ces lignes et qui n’ont pas encore vu ce petit bijou d’écriture.
B
Il manque cependant un petit quelque chose à Gone Girl pour devenir un pur chef d’œuvre. Ce petit quelque chose est l’émotion. Ce scénario constitue une mécanique si parfaite qu’il oublie peut-être de faire naître chez le spectateur un sentiment plus personnel que la pure admiration, aussi forte soit-elle. David Fincher joue avec le public, notamment en imposant un rythme assez lent à cette histoire qui nous fascine et qu’on voudrait voir s’accélérer, comme pour nous garder sous son contrôle, avec une petite dose de sadisme. Mais du coup, on oublie de vraiment créer un lien fort avec ses personnages qui n’apparaissent que comme des rouages parmi d’autres de cette merveilleuse mécanique. Je chipote peut-être un peu, mais le génie n’est pas toujours synonyme de perfection.
LA NOTE : 15,5

Heureusement, tout le monde pourra se réconcilier lors d’une dernière demi-heure entièrement consacrée à l’action. Ce n’est pas ce qui se fait de plus extraordinaire en la matière, mais c’est assez bien foutu pour que l’on puisse apprécier le spectacle. Surtout que Ninja Turtles est plutôt réussi graphiquement quand les premiers éléments visuels dévoilés pour nous mettre l’eau à la bouche faisait plutôt craindre le pire. Enfin, il reste le plaisir des yeux avec Megan Fox… Bon des yeux uniquement car ce n’est définitivement pas la plus grande comédienne que la Terre n’ai jamais porté.

On termine par une demi-déception. Il s’agit objectivement du meilleur album du lot, mais je m’attendais à encore mieux. Je connaissais les Artic Monkeys uniquement par leurs singles, mais j’en avais moult louanges à leur propos. C’est donc avec une certaine avidité que je me lancé dans l’écoute de Suck It and See, le quatrième album de ce groupe anglais, mais le premier à figurer dans ma discothèque. Ils nous offrent un rock parfaitement maîtrisé et énergique et qui parvient toujours à conserver une ligne mélodique très claire. C’est la marque des vrais musiciens qui se démarquent de la plèbe du rock. Mais voilà, l’album manque d’un titre qui titre qui sorte vraiment du lot et qui apporte cette petite étincelle qui fait définitivement la différence. On retiendra tout de même Suck It and See, le titre éponyme de l’album.
Mommy se distingue aussi par sa forme, avec ce cadrage resserré qui rend l’image carré pendant 95% du temps (je vous laisse découvrir ce qui se passe les 5% restants). Très honnêtement au final, ça n’apporte pas grand chose. Certes, on en comprend le sens quand on voit le film, mais cela reste quand même assez anecdotique. De toute façon, on est tellement pris par l’histoire que l’on ne remarque guère cet artifice qui part néanmoins d’une intention artistique originale. Mais le génie de Xavier Dolan est ailleurs.

La plus grande faiblesse de Elle l’Adore est son scénario. Ou plutôt la manière dont il est porté à l’écran. En effet, le film souffre d’un déséquilibre dans le rythme. En effet, il ne prend vraiment tout son intérêt que dans le dernier tiers. Avant cela, on s’ennuie parfois un peu car les évolutions se font de manière un peu trop progressive et lente pour vraiment créer une tension. Du coup, l’accélération des événements sur la fin crée une certaine frustration car les élément les plus intéressants sont traités un peu trop rapidement. Bref, on n’est pas passé très loin du très bon film. Mais un bon film, ce n’est déjà pas si mal.

Saint Laurent alterne des séquences interminables et souvent répétitives, avec des scènes étonnamment courtes. Le spectateur est livré à lui-même pour essayer de comprendre les raisons profondes de tout ce à quoi il assiste. Mais le film se veut une expérience avant tout sensuelle, non une biographie explicative. Sauf que personnellement, je n’ai rien ressenti face à cette univers quelque peu psychédélique et décadent que Bonello met en scène avec une infinie lourdeur et une insistance suspecte. Les génie de Yves Saint Laurent reposait notamment sur une capacité à s’affranchir des conventions. Les allers et retours entre les époques et la confusion qui en découle cherchait sûrement à suivre le même chemin. Mais n’est pas un génie qui veut. Enfin, avouons quand même que Gaspard Ulliel est quand même assez génial dans ce film. Tout n’est donc pas perdu…
Un Homme Très Recherché est l’occasion de rendre un hommage à Philipp Seymour Hoffman décédé depuis, au plus grand désespoir des cinéphiles. Il porte un grande partie du film sur ses épaules, heureusement assez larges pour supporter une tel poids. Cependant, le film reste plus intéressant que passionnant. Aucun élément n’est décevant à proprement parler mais il manque tout de même une petite étincelle pour que le résultat final soit un peu plus que la somme de ses parties. Toutefois, les fans du genre en auront pour leur argent et les autres passeront tout de même un moment loin d’être désagréable.
Enchaînons ensuite avec Circuital des Américains de My Morning Jacket. J’avais écrit une critique de leur précédent album, Evil Urges, et je l’avais intitulé « Mi figue-mi raisin ». Et bien, je pourrais reprendre ce même terme pour résumer mon sentiment devant ce rock quelque peu évaporé et pas toujours très mélodieux. Les meilleurs titres sont d’ailleurs les plus harmonieux, mais aucun ne casse trois pattes à un canard. Il faut bien avouer aussi que la voix de Jim James est parfois quelque peu horripilante. On retiendra avant tout Movin away, le meilleur titre de l’album.
On garde le meilleur pour la fin avec Different Gear, Still Speeding du groupe Beady Eye. Ce groupe anglais s’est formé autour de Liam Gallagher, l’ancie co-leader d’Oasis. Mon avis sera court car l’album est tout simplement excellent. Il nous propose un rock simple, direct, percutant, parfois un peu rétro, mais surtout toujours très très bon. On est d’ailleurs séduit dès les premières notes et on ne redescend jamais, car jamais l’album ne devient monotone.
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