GONE GIRL : Tabanak, quel scénario !

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gonegirlafficheAprès Mommy, cet automne cinématographique nous offre un deuxième grand moment avec Gone Girl, dernier film de David Fincher. Il n’y pas grand chose de comparable entre ces deux films, si ce n’est le génie de leur réalisateur, la force de leur scénario et le talent de leurs interprètes. Une belle preuve de la diversité du 7ème art pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Et un bon moyen d’oublier le ciel gris qui s’installe.

Gone Girl, c’est d’abord un scénario. Et pas n’importe quel scénario ! Un des meilleurs jamais écrits ! Certains trouveront que je m’emballe un peu, après je ne sais pas très bien ce qu’il faut entendre par là. Dans le top 10, 100, 1000 ? Mais en tout cas un putain de scénario ! Et j’en profite pour féliciter chaudement l’auteur de la bande-annonce qui vous fait envie sans ne rien dévoiler du tout de la vraie nature de cette histoire qui compte un des rebondissements les phénoménaux jamais proposés. C’est surtout la manière dont cela est amené qui rend ce film réellement phénoménal. Un 180° qu’on ne voit pas venir et qui vous prend au dépourvu tant il intervient sans même que l’on s’en rende compte. C’est terriblement tentant d’en dire plus pour en parler, mais ça serait un crime vis-à-vis de tous ceux qui lisent ces lignes et qui n’ont pas encore vu ce petit bijou d’écriture.

Bgonegirlen Affleck a longtemps été considéré avec un certain mépris. Il faut dire que son début de carrière compte quelques navets, ceux qui ont vu Dardevil s’en désole encore. Pour beaucoup il devait sa gloire médiatique à ses aventures amoureuses, dont son mariage avec Jennifer Lopez. Mais depuis, il a quand même gagné un Oscar en passant derrière la caméra, ce qui force quand même un minimum le respect. Avec Gone Girl, il prouve que diriger par un aussi grand réalisateur que David Fincher, il peut être aussi un formidable comédien. Un mot sur Rosamund Pike qui livre également une prestation remarquable.

Il manque cependant un petit quelque chose à Gone Girl pour devenir un pur chef d’œuvre. Ce petit quelque chose est l’émotion. Ce scénario constitue une mécanique si parfaite qu’il oublie peut-être de faire naître chez le spectateur un sentiment plus personnel que la pure admiration, aussi forte soit-elle. David Fincher joue avec le public, notamment en imposant un rythme assez lent à cette histoire qui nous fascine et qu’on voudrait voir s’accélérer, comme pour nous garder sous son contrôle, avec une petite dose de sadisme. Mais du coup, on oublie de vraiment créer un lien fort avec ses personnages qui n’apparaissent que comme des rouages parmi d’autres de cette merveilleuse mécanique. Je chipote peut-être un peu, mais le génie n’est pas toujours synonyme de perfection.

LA NOTE : 15,5

Fiche technique :
Production : Pacific Standard, New Regency Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : David Fincher
Scénario : Gillian Flynn, d’après son roman Les apparences
Montage : Kirk Baxter
Photo : Jeff Cronenweth
Décors : Donald Graham Burt
Musique : Trent Reznor, Atticus Ross
Directeur artistique : Sue Chan
Durée : 145 mn

Casting :
Ben Affleck : Nick Dunne
Rosamund Pike : Amy Dunne
Tyler Perry : Tanner Bolt
Missi Pyle : Ellen Abbott
Neil Patrick Harris : Desi Collings
Kim Dickens : Detective Rhonda Boney
Patrick Fugit : Officier Jim Gilpin

NINJA TURTLES : Madeleine à carapace

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ninjaturtlesafficheDans la série des madeleines de Proust adaptées au cinéma, voici Ninja Turtles ! Et c’est une madeleine qui a plutôt bon goût car le résultat n’est pas mauvais du tout. Avec moult limites certes, mais assez d’application pour que cela ne s’apparente pas à un détroussement éhonté d’adulescents un rien attardés. Un film d’aventures pas génial, mais plutôt agréable.

Ninja Turtles souffre du défaut de beaucoup de premier épisode de ce genre de saga (parce que ne doutons pas qu’il y aura plusieurs suites). En effet, une bonne moitié du film est consacrée à l’introduction des personnages et aux explications censées rendre crédibles l’existence de quatre tortues de deux mètres, spécialistes des arts martiaux. Evidemment, il vaut mieux que l’effet madeleine joue à plein et qu’on soit capable de retrouver un minimum de naïveté enfantine si on ne veut pas trouver ça un rien risible, voire passablement ridicule.

ninjaturtlesHeureusement, tout le monde pourra se réconcilier lors d’une dernière demi-heure entièrement consacrée à l’action. Ce n’est pas ce qui se fait de plus extraordinaire en la matière, mais c’est assez bien foutu pour que l’on puisse apprécier le spectacle. Surtout que Ninja Turtles est plutôt réussi graphiquement quand les premiers éléments visuels dévoilés pour nous mettre l’eau à la bouche faisait plutôt craindre le pire. Enfin, il reste le plaisir des yeux avec Megan Fox… Bon des yeux uniquement car ce n’est définitivement pas la plus grande comédienne que la Terre n’ai jamais porté.

Ninja Turtles est donc un film cinématographiquement moyen, mais qui a le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux, avec un peu d’humour potache qui collera très bien avec celui du public qui se rappelle avec nostalgie du dessin-animé de son enfance ou des heures passées sur un des jeux vidéos les plus mythiques de l’histoire de Nintendo.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Jonathan Liebesman
Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec et Evan Daugherty, d’après les personnages créés par Kevin Eastman et Peter Laird
Direction artistique : Scott P. Murphy
Décors : Neil Spisak
Costumes : Sarah Edwards
Photographie : Lula Carvalho
Montage : Joel Negron et Glen Scantlebury
Musique : Brian Tyler
Production : Michael Bay, Andrew Form, Bradley Fuller, Scott Mednick et Galen Walker
Durée : 101 minutes

Casting :
Megan Fox : April O’Neil
Pete Ploszek (capture de mouvement) et Johnny Knoxville (voix) : Leonardo
Alan Ritchson : Raphael
Noel Fisher : Michelangelo
Jeremy Howard : Donatello
William Fichtner : Eric Sachs
Tohoru Masamune : Shredder
Danny Woodburn (capture de mouvement) et Tony Shalhoub (voix) : Maître Splinter
Will Arnett : Vernon Fenwick
Whoopi Goldberg : Bernadette Thompson
Minae Noji : Karai
K. Todd Freeman : Dr. Baxter Stockman
Abby Elliott : la colocataire d’April

HELPLESSNESS BLUES (Fleet Foxes), COULOUR OF THE TRAP (Miles Kane) et SUCK IT AND SEE (Artic Monkeys) : Du bon, du bon et du bon

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helplessnessbluesfleetFoxesTrois albums plutôt bons au programme, même si je m’attendais peut-être à peu mieux pour certains. On commence par Helplessness Blues, sorti en 2011, deuxième album du groupe Fleet Foxes, un quintette folk-rock venue des Etats-Unis. J’avais déjà été relativement convaincu par leur premier album et celui-ci ne fait que confirmer leur talent. La voix de Robin Percknold est relativement fascinante, même si leur musique se repose peut-être un peu trop sur elle au final. L’album est homogène, sans être monotone, même s’il sera surtout parfait pour servir de musique de fond. Il comporte certains titres aux sonorités étranges relativement inaudibles, mais surtout de très bons morceaux comme Lorelai et Blue Spotted Tail.

coulourfothetrapmileskaneOn enchaîne avec Colour of the Trap de Miles Kane. Il s’agit du premier album solo de ce chanteur-compositeur anglais, qui a fait partie de divers groupes, dont The Last Shadow Puppets. Il nous offre un rock direct et percutant, empli d’énergie et de conviction. Seule la voix est un peu limitée. Il comporte quelques très bon titres, dont un très beau duo avec une voix féminine sur le titre Happenstance. On retiendra aussi Take the Night for Me et Coulour of the Trap qui conclue parfait l’album auquel il a donné son nom.

SuckitandseearticmonkeysOn termine par une demi-déception. Il s’agit objectivement du meilleur album du lot, mais je m’attendais à encore mieux. Je connaissais les Artic Monkeys uniquement par leurs singles, mais j’en avais moult louanges à leur propos. C’est donc avec une certaine avidité que je me lancé dans l’écoute de Suck It and See, le quatrième album de ce groupe anglais, mais le premier à figurer dans ma discothèque. Ils nous offrent un rock parfaitement maîtrisé et énergique et qui parvient toujours à conserver une ligne mélodique très claire. C’est la marque des vrais musiciens qui se démarquent de la plèbe du rock. Mais voilà, l’album manque d’un titre qui titre qui sorte vraiment du lot et qui apporte cette petite étincelle qui fait définitivement la différence. On retiendra tout de même Suck It and See, le titre éponyme de l’album.

MOMMY : Tabarnak, quel film !

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mommyafficheLe jury du dernier festival de Cannes s’est clairement trompé de Palme d’Or. Je n’ai rien contre Winter Sleep, mais contrairement à ses deux prédécesseurs, il ne figurera pas au sommet de mon palmarès de l’année. Oui, j’aime faire comme si j’étais devenu une vraie référence dans le monde de la critique cinématographique. Par contre, il n’est pas dit que Mommy ne remporte pas cette distinction prestigieuse. Ok, peut-être un peu moins prestigieuse que le Grand Prix du Jury qui lui a été décerné cette année, ce qui prouve tout de même que, quoi qu’on en dise, y a quand même des putains de films chaque année sur la Croisette.

Pourtant, j’ai quasiment détesté Mommy pendant près d’une bonne heure. Enfin disons que j’avais envie que le film s’arrête, tant les personnages me mettaient mal à l’aise. Mais c’était la preuve que quelque chose de fort se passait, que ce film me prenait aux tripes dès les premières secondes. Peu à peu, on apprend à les aimer malgré tout. Et le tout en question est très loin d’être négligeable. Le malaise laisse place à l’émotion, en gardant la même force jusqu’à un final qui vous laissera quelque peu sonné. On ne ressort pas d’un tel film indemne, même si c’est qu’une fiction. Mais il faudra de longue minute pour ressortir d’une œuvre qui vous pénètre si profondément sous la peau et revenir à la réalité.

mommyMommy se distingue aussi par sa forme, avec ce cadrage resserré qui rend l’image carré pendant 95% du temps (je vous laisse découvrir ce qui se passe les 5% restants). Très honnêtement au final, ça n’apporte pas grand chose. Certes, on en comprend le sens quand on voit le film, mais cela reste quand même assez anecdotique. De toute façon, on est tellement pris par l’histoire que l’on ne remarque guère cet artifice qui part néanmoins d’une intention artistique originale. Mais le génie de Xavier Dolan est ailleurs.

Mommy restera dans les mémoires pour les trois performances d’acteurs. La langue française compte moult superlatifs mais aucun ne peut vraiment rendre compte de ce que nous offrent Anne Dorval, Suzanne Clément et surtout Antoine Olivier Pilon. Il s’agit bien d’un offrande à tous ceux qui aiment les grands comédiens et les interprétations à couper le souffle. Un cadeau magnifique pour tous ceux qui aiment le cinéma tout simplement. Il est évident qu’ils ne ressemblent pas à ça dans la vie (et heureusement pour eux!) et se métamorphoser en ces personnages hors du commun demande un travail et un talent fabuleux, surtout pour un résultat aussi convaincant.

Bref, un grand film, un vrai.

LA NOTE : 16,5/20

Fiche technique :
Production : Les films Séville, Metafilms, Sons of manual
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan
Montage : Xavier Dolan
Photo : André Turpin
Décors : 35mm, DCP
Distribution : Diaphana, MK2
Musique : Noia
Durée : 134 mn

Casting :
Anne Dorval : Diane ‘DIE’ Després
Suzanne Clément : Kyla
Antoine Olivier Pilon : Steve O’Connor Després
Patrick Huard : Paul
Alexandre Goyette : Patrick
Michèle Lituac : la directrice du centre

LA LECON D’ANATOMIE (Vladimir Volkoff) : Difficile leçon

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lalecondanatomieAprès un volet un peu (beaucoup) chiant, voici la deuxième partie de la tétralogie les Humeurs de la Mer, intitulée la Leçon d’Anatomie, et signée Vladimir Volkoff, aussi connu, aussi incroyable que ça puisse paraître, sous le nom de Lieutenant X, le papa de la série des Langelot, fer de lance de la Bibliothèque Verte de mon enfance. J’ai commencé la lecture de ce roman à reculons, craignant de retrouver les lourdeurs du tome précédent. Heureusement, le résultat est nettement plus convaincant.

La Leçon d’Anatomie souffre toujours du style de Vladimir Volkoff, souvent prétentieux et ampoulé, même si cet aspect est cette fois-ci moins prégnant. Cela rend néanmoins la lecture parfois pénible et empêche jusqu’au bout de rentrer totalement dans cette histoire. La volonté de donner une dimension philosophique, voire ésotérique, au récit le dessert beaucoup plus qu’il lui donne une profondeur supplémentaire. Et on peut vraiment regretter car ce roman possède par ailleurs des qualités bien supérieures au tome précédent.

La principale qualité de La Leçon d’Anatomie reste l’intérêt du récit. Les Humeurs de la Mer est censée constituer une tétralogie, mais les romans n’ont quasiment aucun lien entre eux (en fait, ils ont un personnage en commun… mais le fait qu’il s’agit de la même personne ne paraît pas du tout crédible) et je n’ai toujours pas saisi pourquoi elle s’appelait comme ça. Vladimir Volkoff nous fait vivre les derniers jours de l’Algérie française, où l’on suit les pas d’un colonel chargé de la sécurité d’un secteur alors que l’indépendance semble plus que jamais inéluctable. Le propos est parfois passionnant, aussi bien dans sa dimension psychologique que dans la description du système colonial français. Il y a effectivement matière à une vraie réflexion de fond sur de nombreux sujets, notamment le conflit qui survient parfois entre humanité, pragmatisme et sens du devoir face aux ordres donnés. Cette réflexion a bien lieu, mais encore une fois, elle est quelque peu gâchée par son aspect quelque peu pédant.

ELLE L’ADORE : On l’aime bien

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elleladoreafficheElle l’Adore est un beau succès à la fois commercial et critique. Le risque avec un film qui provoque un tel enthousiasme est d’être bêtement déçu non parce que le film est mauvais, mais parce qu’il n’est pas aussi bien qu’espéré. Heureusement, un couple d’amis m’avait rendu nettement plus suspicieux. Du coup, j’ai vu ce film pour ce qu’il est, avec ses qualités bien réelles, mais aussi ses faiblesses.

La plus grande force de Elle l’Adore est son scénario. Une histoire qui semble à première vue hyper classique, mais qui ne cessera de nous surprendre. Bien malin qui peut savoir comment tout cela finira jusqu’à quelques minutes de dénouement. Les personnages, particulièrement réussis, vont évoluer eux aussi dans des directions parfois inattendues, tout en prenant de l’épaisseur à chaque rebondissement. Bref, une histoire qui cache bien sa complexité et nous la dévoile peu à peu avec beaucoup d’intelligence.

elleladoreLa plus grande faiblesse de Elle l’Adore est son scénario. Ou plutôt la manière dont il est porté à l’écran. En effet, le film souffre d’un déséquilibre dans le rythme. En effet, il ne prend vraiment tout son intérêt que dans le dernier tiers. Avant cela, on s’ennuie parfois un peu car les évolutions se font de manière un peu trop progressive et lente pour vraiment créer une tension. Du coup, l’accélération des événements sur la fin crée une certaine frustration car les élément les plus intéressants sont traités un peu trop rapidement. Bref, on n’est pas passé très loin du très bon film. Mais un bon film, ce n’est déjà pas si mal.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Les productions du Trésor, CHI-FOU-MI productions, StudioCanal, TF1 Films productions, Egérie Productions
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Jeanne Herry
Scénario : Jeanne Herry, Gaëlle Macé
Montage : Francis Vesin
Photo : Axel Cosnefroy
Décors : Johann George
Musique : Pascal Sangla
Durée : 105 mn

Casting :
Sandrine Kiberlain : Muriel Bayen
Laurent Lafitte : Vincent Lacroix
Pascal Demolon : Antoine
Olivia Côte : Coline
Nicolas Bridet : Nocolas
Sébastien Knafo : Sébastien
Muriel Mayette : Arlette
Benjamin Lavernhe : Guillayme
Lou Lesage : Julie

L’ALIENISTE (Caleb Carr) : Le premier profiler

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lalienisteLe profiler est devenu une figure classique des polars modernes. Apprendre à connaître un criminel en observant la manière dont il commet ses méfaits semble une démarche de base pour tout enquêteur. Pourtant, cette façon de procéder n’a pu naître qu’avec la naissance d’une psychologie moderne et un minimum scientifique. L’Aliéniste, polar de Caleb Carr, nous emmène à New York en 1896 sur les traces d’un serial killer poursuivi par un journaliste… et un médecin spécialiste des maladies mentales aux méthodes révolutionnaires pour l’époque.

L’Aliéniste est une œuvre très dense dans laquelle on entre peu à peu. Mais une fois l’histoire, les personnages et le style de Caleb Carr apprivoisés, on apprécie pleinement ce récit passionnant. Ce dernier est parfaitement construit. On voit les pièces du puzzle s’assembler peu à peu, en même temps que les protagonistes dressent le portrait du monstre qu’ils poursuivent. Chaque pièce vient enrichir le récit, parfois de manière inattendue, maintenant ainsi un suspense et une tension permanente.

Si je devais énoncer deux petits bémols à propos de l’Aliéniste, je citerai le style quelque peu ardu de Caleb Carr. D’un côté, cela contribue à l’ambiance générale du roman, mais cela rend la lecture parfois un peu difficile, alors qu’on aurait aimé parfois dévorer ce récit. Ensuite, le dénouement n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur du reste. Cependant, on est là devant un polar de premier ordre que je ne saurais que recommander aux amateurs du genre.

SAINT LAURENT : Ennui de haute couture

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saintlaurentafficheAprès le biopic américain et musical avec Get On up, voici le biopic français et vestimentaire avec Saint-Laurent. Un biopic qui a quand même la particularité d’être le second sur le même personnage en moins d’un an. Après le double remake de la Guerre des Boutons, voici une nouvelle coïncidence cinématographique hexagonale quelque peu curieuse. Logiquement, je devrais m’adonner au petit jeu des comparaisons. Mais comme je n’ai pas vu le film de Jalil Lespert, je vais me contenter de vous parler de celui de Bertrand Bonello, sobrement intitulé Saint Laurent.

En fait, je pourrais résumer ma critique en une seule sentence. Je me suis fais chier… Que voulez-vous, j’aurais aimé être comme tous mes « collègues » critiques et trouver ce film génial, mais je ne peux qu’admettre que j’ai surtout trouvé ces 2h30 absolument interminables. Je ne suis jamais rentré dans cette œuvre à la forme quelque peu inattendue, mais qui manque beaucoup trop de fond. Au final, Saint Laurent ne raconte rien, il essaye juste de nous montrer visuellement les turpitudes d’un homme et son génie. La démarche n’a rien de condamnable en elle-même, si ce n’est qu’elle est terriblement mal maîtrisée par Bertrand Bonello.

saintlaurentSaint Laurent alterne des séquences interminables et souvent répétitives, avec des scènes étonnamment courtes. Le spectateur est livré à lui-même pour essayer de comprendre les raisons profondes de tout ce à quoi il assiste. Mais le film se veut une expérience avant tout sensuelle, non une biographie explicative. Sauf que personnellement, je n’ai rien ressenti face à cette univers quelque peu psychédélique et décadent que Bonello met en scène avec une infinie lourdeur et une insistance suspecte. Les génie de Yves Saint Laurent reposait notamment sur une capacité à s’affranchir des conventions. Les allers et retours entre les époques et la confusion qui en découle cherchait sûrement à suivre le même chemin. Mais n’est pas un génie qui veut. Enfin, avouons quand même que Gaspard Ulliel est quand même assez génial dans ce film. Tout n’est donc pas perdu…

LA NOTE : 8/20

Fiche technique :
Production : Mandarin Cinéma, Europacorp, Orange studio, Arte France Cinéma, Scope Pictures
Réalisation : Bertrand Bonello
Scénario : Bertrand Bonello, Thomas Bidegain
Montage : Fabrice Rouaud
Photo : Josée Deshaies
Décors : Katia Wyszkop
Distribution : Europacorp distribution
Musique : Bertrand Bonello
Costumes: Anaïs Romand
Durée : 150 mn

Fiche technique :
Gaspard Ulliel : Yves Saint Laurent
Jérémie Renier : Pierre Bergé
Louis Garrel : Jacques de Basher
Léa Seydoux : Loulou de la Falaise
Amira Casar : Anne-Marie Munoz
Aymeline Valade : Betty Catroux
Helmut Berger : Yves Saint Laurent vieux
Dominique Sanda : Lucienne

UN HOMME TRES RECHERCHE : Hambourg, nid d’espions

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unhommetresrechercheafficheJohn Le Carré fait partie des plus grande star de la littérature contemporaine, à l’instar de Stephen King ou Dan Brown. Et comme pour ces derniers, beaucoup de ses œuvres ont eu l’honneur d’une adaptation cinématographique. Le style de l’auteur de l’Espion qui Venait du Froid, touffu et mettant en scène le plus souvent un multitude de personnages, aboutit à des longs métrages eux aussi particulièrement denses, qu’il faut suivre avec un bon degré de concentration. Mais le résultat est parfois remarquable, comme pour la Taupe, un des meilleurs films de 2013. Un Homme Très Recherché est nettement moins inoubliable, mais nous propose un film solide et typique de l’univers de cet auteur.

Un Homme Très Recherché est autant un film d’espionnage qu’un film d’espions. En effet, si la narration s’appuie sur un fil rouge consistant en la traque de terroristes, ce dernier ne constitue qu’un arrière-plan. Le sujet principal de ce film sont ses personnages, leurs motivations et leurs états d’âme. N’attendez donc pas de scène d’action à la James Bond, le propos est beaucoup plus psychologique, même s’il est parcouru d’une vraie tension avec une dénouement très réussi et quelque peu renversant.

unhommetresrechercheUn Homme Très Recherché est l’occasion de rendre un hommage à Philipp Seymour Hoffman décédé depuis, au plus grand désespoir des cinéphiles. Il porte un grande partie du film sur ses épaules, heureusement assez larges pour supporter une tel poids. Cependant, le film reste plus intéressant que passionnant. Aucun élément n’est décevant à proprement parler mais il manque tout de même une petite étincelle pour que le résultat final soit un peu plus que la somme de ses parties. Toutefois, les fans du genre en auront pour leur argent et les autres passeront tout de même un moment loin d’être désagréable.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : The Ink Factory, Potboiler productions, Amusement Park Films, Demarest Films, Film4, Senator Film
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Anton Corbijn
Scénario : Andrew Bovell, d’après le roman de John Le Carré
Montage : Claire Simpson
Photo : Benoît Delhomme
Décors : Sebastian T. Krawinkel
Musique : Herbert Grönemeyer
Directeur artistique : Sabine Engelberg
Durée : 122 mn

Casting :
Philip Seymour Hoffman : Günther Bachmann
Rachel McAdams : Annabel Richter
Willem Dafoe : Tommy Brue
Robin Wright : Martha Sullivan
Daniel Brühl : Maximilian
Nina Hoss : Irna Frey
Grigoriy Dobrygin : Issa Karpov

BLACK CROW JANE (Inga Liljeström), CIRCUITAL (My Morning Jacket), DIFFERENT GEAR, STILL SPEEDING (Beady Eye) : Le meilleur pour la fin

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blackcrowjaneingaliljestromInga Liljeström est comme son nom ne l’indique pas une artiste australienne. Elle a notamment signé en 2011 un album intitulé Black Crow Jane. Il s’ouvre sur un titre, The Rain and The Sea, qui nous met tout de suite dans l’ambiance avec une voix évaporée, mais tout de même assez profonde et grave, qui se pose sur une musique assez rock qui monte en puissance. Ce schéma de crescendo est souvent répété sur cet album. On passe même parfois du violon à un rock énergique. Malheureusement, le résultat est assez inégal et l’album perd son souffle peu à peu. La voix et la mélodie sont parfois dissonantes, sans que cela semble réellement maîtrisé. Heureusement, Black Crow Jane se termine sur un titre assez épuré, Wildest Horse, très joli et qui met surtout très bien en valeur une voix qui mériterait un peu mieux.

circuitalmymorningjacketEnchaînons ensuite avec Circuital des Américains de My Morning Jacket. J’avais écrit une critique de leur précédent album, Evil Urges, et je l’avais intitulé « Mi figue-mi raisin ». Et bien, je pourrais reprendre ce même terme pour résumer mon sentiment devant ce rock quelque peu évaporé et pas toujours très mélodieux. Les meilleurs titres sont d’ailleurs les plus harmonieux, mais aucun ne casse trois pattes à un canard. Il faut bien avouer aussi que la voix de Jim James est parfois quelque peu horripilante. On retiendra avant tout Movin away, le meilleur titre de l’album.

differentgearstillspeedingbeadyeyeOn garde le meilleur pour la fin avec Different Gear, Still Speeding du groupe Beady Eye. Ce groupe anglais s’est formé autour de Liam Gallagher, l’ancie co-leader d’Oasis. Mon avis sera court car l’album est tout simplement excellent. Il nous propose un rock simple, direct, percutant, parfois un peu rétro, mais surtout toujours très très bon. On est d’ailleurs séduit dès les premières notes et on ne redescend jamais, car jamais l’album ne devient monotone.