TIMBER TIMBRE (Timber Timbre), BUTTERFLY HOUSE (The Coral) et BEFORE TODAY (Ariel Pink’s Haunted Graffiti) : Pas de sommet à l’horizon

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timbertimbretimbertimbreTrois albums au programme de ce billet, dont aucun n’atteint des sommets. Commençons par le plus intéressant avec Timber Timbre et l’album du même nom, leur troisième. Il s’agit d’un groupe folk canadien dont les titres sont relativement épurés mais particulièrement mélodiques. Le tout est porté par une voix, celle de Taylor Krik, qui possède une vraie personnalité. L’album est assez homogène en qualité, mais finit tout de même par manquer de relief à la longue. L’édition 2CD propose un certain nombres de titre live qui démontre bien qu’il manque quand même un soupçon de mordant à ce groupe.

The Coral est un lui un groupe anglais qui a tout de même signé 6 albums depuis 2002. Je vous parlerai ici de Butterfly House, le dernier en date, sorti en 2010. Un album qui en donne pour son argent puisqu’il compte pas moins de 18 titres. Il s’agit d’un rock assez classique et plutôt tranquille. Le résultat est plutôt sympa, mais ça reste souvent un petit peu plat. A défaut d’originalité, un peu plus d’énergie aurait été de bon aloi.

Enfin, Before Today, de Ariel Pink’s Haunted Graffiti, nous propose une musique aux influences particulièrement diverses : pop, rock, électro… Mais le résultat reste désespérément dénué d’intérêt et d’une consternante platitude. La diversité n’est pas toujours synonyme de créativité.

EFFETS SECONDAIRES : Beaucoup mais pas trop

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effetssecondairesafficheSteven Soderbergh a du talent et cela tombe bien puisqu’il aime nous en faire part parfois jusqu’à deux fois par an. Rarement un réalisateur n’aura été aussi prolifique. Après deux films à l’été 2012, le revoilà déjà avec un nouveau long métrage, Effets Secondaires. Ce n’est plus de productivité, c’est du travail à la chaîne ! Mais le plus incroyable est qu’il arrive à tenir le rythme, puisqu’il nous propose une nouvelle fois un très bon polar, filmé avec son élégance incomparable.

Effets Secondaires se démarque avant tout par un scénario très solide. Alors certes, le rebondissement principal est fort prévisible. Soderbergh ne cherche d’ailleurs pas vraiment à le cacher. Il n’y a donc pas ce suspense artificiel qui a envahi nos écrans, transformés en concours de renversement de situation. Le film se concentre sur les conséquences de cette fausse surprise, sur les rapports entre les personnages et ce à quoi tout cela va aboutir. Pas d’esbroufe donc, mais une intrigue parfaite maîtrisée qui nous amène au bout des 1h40 sans que notre intérêt n’ait une seule seconde faibli.

effetssecondairesAvec un scénario de cette qualité, Effets Secondaires ne pouvait qu’être une réussite. Car la caméra de Steven Soderbergh reste une des plus affutée d’Hollywood. C’est juste beau, sans effets spectaculaires, mais avec un formidable sens de la mise en scène et de la photographie. Bref, beaucoup de talent. Du coup, les acteurs ont envie de tourner avec lui, ce qui lui permet de nous proposer un casting une nouvelle fois de très très haut niveau : Jude Law, Catherine Zeta-Jones (aaaaaaaaaaah Catherine), Rooney Mara (la Lisbeth Salander de David Fincher) et Channing Tatum, qui semble avoir supplanté Benicio Del Toro en tant que chouchou du réalisateur.

Steven Soderbergh tourne beaucoup, pour ne pas dire énormément. Mais tant qu’il nous proposera des films de la qualité de Effets Secondaires, on ne pourra pas dire qu’il tourne trop.

Fiche technique :
Production : Di Bonaventura Pictures, Endgame Entertainment
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Scott Z. Burns
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Musique : Thomas Newman
Costumes : Susan Lyall
Durée : 106 mn

Casting :
Rooney Mara : Emily Taylor
Jude Law : Jonathan Banks
Catherine Zeta-Jones : Dr Victoria Siebert
Channing Tatum : Martin Taylor
Vinessa Shaw : Dierdre Banks

LES BIENFAITS DE LA RIGUEUR

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regimeCe fut un long combat, avec du sang, des larmes, tout ça, tout ça… De durs sacrifices ont du être consentis, des épreuves terribles ont du être surmontées. Le courage et l’abnégation ont souvent failli manqué, mais j’ai tenu bon, trouvant des ressources insoupçonnées aux tréfonds de moi-même. Quelle détermination fut la mienne ! Quelle force ! Quelle… Euh bon, ok, j’en fait peut-être un peu trop là. Certes, je suis assez étonné du résultat, mais cela ne fait que confirmer le fait que je suis quelqu’un qui ne fait jamais les choses à moitié.

8 kilos en trois mois, c’est vrai que ce n’est pas mal (même si j’aurais parié pour 12 avant de monter sur la balance). Mon sang est désormais un modèle du genre et mon foie peut enfin dormir tranquille. Si je continue comme ça, les maladies cardiovasculaires et le diabète ne devraient pas passer par moi. La cirrhose non plus, mais pour le coup ça fait quand même déjà un moment que je bois nettement moins que pendant mes études. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est quand même que tout cela ne fut pas si difficile que ça. Bon, j’ai bien mis trois semaines à trouver le bon équilibre entre ce qu’il y avait dans mon assiette et leur quantité. Trois semaines où je me suis quand même fait un peu peur, parce que je n’aurais jamais tenu autant de temps en ayant faim comme cela une bonne partie de la journée.

Si je suis arrivé presque facilement à mes fins, c’est aussi grâce mon côté psychorigide, qui me fait parfois penser que je suis peut-être un lointain (j’insiste sur le lointain) cousin de Sheldon Cooper. J’aime me fixer des règles extrêmement précises et parfois un peu complexes, pour des choses parfois totalement futiles. Une fois que je les ai acceptées, je les suis avec une zèle et une exactitude qui peuvent faire parfois un peu peur. De mon point de vue, ça a plutôt un côté ludique, même si, pour beaucoup, cela peut paraître au contraire comme la négation de mot « fun ». Bref, en tout cas, me discipliner au niveau de l’organisation des repas et du sport ne m’a posé aucun problème. J’ai presque trouvé ça amusant…

Maintenant, le tout est évidemment de ne pas perdre les acquis, voire même de perdre encore quelques kilos, même si cela se fait sur un rythme beaucoup plus lent, juste histoire d’être irrésistible en maillot cet été ! Quoi de plus facile ! J’ai juste à modifier quelque peu mes règles, sans pour autant les abandonner. Quitte à avoir un côté psychopathe, autant l’exploiter quand il se révèle fort utile !

En tout cas, avec 8 kilos de moins et après 3 mois de pratique sportive la plus intense de ma vie, j’ai la grande forme ! Une forme un peu rigide, mais une forme quand même !

LE CHOIX DES MOTS

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barcelonepsgSi le football déchaîne autant les passions, jusqu’à l’absurde parfois, c’est avant tout parce qu’il est capable de faire naître des sentiments parfois totalement contradictoires en l’espace de 90 minutes. Quelle meilleure illustration que ce match de mercredi qui reste impossible à résumer en un seul mot.

On pourrait commencer par le mot tristesse. A moins de lui préférer le terme de cruauté. Une défaite, aussi valeureuse qu’elle soit, provoque forcément des sentiments négatifs. Surtout quand la victoire a été si proche. On le sait bien, la quatrième place est la pire aux Jeux Olympiques, pas la cinquième, ni la sixième. Etre éliminé sans avoir perdu se situe dans le même registre, car on ressort du combat sans la sensation profonde d’avoir été inférieur à son adversaire (même si pour le coup… j’y reviendrai). C’est d’autant plus dur à accepter, cela laisse un goût d’autant plus amer dans la bouche, car les regrets sont énormes. C’était possible, mais on n’y est pas arrivé. Voilà qui ressemble à la définition d’un échec…

… mais ce n’est certainement pas le mot qui convient pour parler de ce match. Le supporters parisiens parleront au contraire de fierté. Voir son club à ce niveau, revivre des émotions dont on avait été privées depuis une quinzaine d’année, voilà qui donne de la joie et du bonheur. Ce PSG aux moyens disproportionnés est condamné à gagner, voire même à séduire. Mercredi soir, les moqueries se sont tues, pour laisser place au respect et à l’admiration, bien au-delà du cercle des supporters. Beaucoup d’argent a été dépensé, mais si c’est pour offrir des matchs de ce niveau et un tel déluge d’émotions, on se dit que ça valait peut-être le coup.

Il y a un mot qui n’a pas sa place par contre, c’est celui d’injustice. Les plus forts se sont qualifiés, c’est incontestable. Le PSG a fait jeu égal, mais avec, admettons-le, les circonstances pour lui (but hors-jeu, blessure de Messi…). Il a joué à bloc quand le Barça a toujours semblé en avoir encore sous la semelle. Mais au final, le mot qui va rester est sans doute celui choisi par l’Equipe le lendemain du match : « prometteur ». Car après un tel match, on n’a plus qu’une seule envie, celle d’être déjà l’année prochaine pour revivre de tels moments et cette fois avec encore plus d’espoir.

Espoir, en voilà encore un joli mot…

LA BAISSE DU CHOMAGE COMME SEULE ISSUE

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Depuis son intervention télévisée, suivie de l’affaire Cahuzac, les discussions fleurissent sur la meilleure manière pour François Hollande de redresser une côte de popularité en berne. Remplacer Jean-Marc Ayrault ? Remanier pour former un gouvernement resserré ? Virer un ministre pour montrer son autorité ? Annoncer des mesures fortes et spectaculaires ? Faire de la pédagogie ? Je vais peut-être paraître pessimiste, mais rien de tout ça ne marchera. Il est clair qu’à court terme, rien ne pourra faire remonter sensiblement le Président de la République dans les sondages. Car pour cela, il ne pourra compter que sur une seule chose : la baisse du chômage. Et elle n’est clairement pas pour demain.

Alors, en tant que militant socialiste, dois-je d’un coup sombrer dans la sinistrose ? C’est évidemment mal me connaître car, grâce à mon optimisme que je n’espère néanmoins pas béat, j’y vois là presque une bonne nouvelle. En effet, François Hollande n’a plus qu’à se concentrer que sur une seule chose : mener une action pertinente et voir le nombre de demandeurs d’emplois diminuer. La manière importera peu car elle sera jugée négativement quelle qu’elle soit, alors il faut aller à l’essentiel et arriver à la seule chose qui compte vraiment, améliorer la situation économique de notre pays. Les Français en ont assez de la politique, des discours, des déclarations d’intention sans lendemain. Et bien, arrêtons de leur donner du grain à moudre, laissons le gouvernement travailler, sans se soucier de l’image qu’il renvoie.

Evidemment, tout cela ne garantit pas que les résultats seront bel et bien là. Enfin, les résultats il y en a déjà eu. La baisse du déficit structurel en cours est historique (-2% en 2013), même si elle est en grande partie compensée par une hausse du déficit conjoncturel, dont les causes sont nationales, mais aussi largement européennes. Le déficit de la sécurité sociale vient de baisser de près de 25%, information passée inaperçue, alors qu’il faut le rappeler, le budget de la sécu est le double de celui de l’Etat. Malheureusement, cela n’améliore en rien le quotidien de nos concitoyens et tout cela fait une belle jambe à celui qui attend un emploi depuis plusieurs mois. Mais clamer à tue-tête que François Hollande et son gouvernement n’ont obtenu aucun résultat n’est pas une opinion, c’est une contre-vérité. Lors de la campagne, le candidat socialiste avait bien indiqué que pendant deux ans, la priorité irait à l’assainissement des comptes publics. Le cap était clair et il est tenu, même si la conjoncture masque une grande partie de ces résultats, tant qu’on ne regarde pas les chiffres de près.

On peut évidemment remettre en cause ces choix et dire que les résultats obtenus n’auraient pas du constituer l’objectif premier. Le cap défini par François Hollande repose sur une équilibre délicat à trouver car la baisse rapide du déficit structurel vient forcément favoriser la hausse du déficit conjoncturel. Tomber dans la même spirale que celle que connaît la Grèce ou l’Espagne est évidemment un destin à éviter à tout prix. Pour l’instant, on n’en est pas encore là, mais le chemin est étroit, c’est évident. François Hollande devra l’emprunter seul, car aujourd’hui peu de citoyens sont prêts à lui accorder une totale confiance avant de savoir où cela mène notre pays.

Mais cheminer seul n’a jamais été quelque chose qui a empêcher François Hollande d’avancer. Et le plus souvent vers le succès…

LA CITE ROSE : La banlieue qui sourit… mais pas trop non plus

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laciteroseafficheParler de la banlieue est un exercice difficile car on est vite tiraillé entre plusieurs visions. On peut la décrire comme sombre en se focalisant sur une réalité sociale parfois très dure, comme dans la Haine. Ou alors à l’inverse, on peut essayer de démythifier par l’humour ces lieux qui sont avant tout vivants et remplis de potentialités, comme dans les Kaïras ou les Lascars. La Cité Rose nous offre une synthèse plutôt réussie de ces différents points de vue.

Certes, la Cité Rose nous offre une galerie de personnages tirant quasiment sur le cliché : le dealer très méchant, le jeune qui veut s’en sortir et l’ado tiraillé entre les deux. Mais la force de ce film est d’avoir su ne pas aller trop loin. Certes les protagonistes ne sont en rien inattendus, mais au moins sont-ils crédibles. Du coup, le propos arrive à être relativement convaincant. Certes, il y a une morale à la fin, mais pas d’optimisme béat, ni de pessimisme excessif.

laciteroseLa Cité est porté par une réalisation efficace, à défaut d’être brillante. Le film nous propose la découverte d’un univers et d’un quotidien, mais tout cela se greffe sur une intrigue qui sait avancer quand il faut pour nous préserver de l’ennui. Ce n’est certainement pas un film coup de poing, comme celui de Matthieu Kassowitz en son temps, mais le reflet d’une réalité sociale. Un reflet un rien romancé peut-être, mais certainement pas infidèle.

 
Fiche technique :
Réalisation : Julien Abraham
Scénario : Jimmy Laporal-Trésor, Zackarya Dk et Julien Abraham
Directeur de la photographie: Julien Meurice
Montage : Scott Stevenson
Ingénieur du son: Olivier Le Vacon
Compositeur: Laurent Casano
Mixage et montage son: Lionel Guenoun
Superviseur musical: Pascal Mayer
Chef décoratrice: Eva Van Haastrecht
Costume : Anne-Marie Giacalone
Durée : 97 minutes
 
Casting :
Azize Diabaté Abdoulaye: Mitraillette
Idrissa Diabaté : Isma Khomassi
Ibrahim Koma : Djibril Khomassi
Ismael Ouazzani : La Crête
Juliette Lamboley : Lola
Anaïs Bégué : Océane
David Ribeiro : Narcisse
Steve Tran : Manu
Neva Kehouane : France-Lise Trésor
Diouc Koma : Cheveux
Marie-Philomène Nga : Mariama Khomassi

RESCAPEE (Fiona Kidman) : A l’autre bout du monde

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rescapeeJ’ai beau être passionné d’histoire, il y a quand même des lieux et des époques dont je ne connais pas grand chose. Je suis désormais moins ignorant après avoir lu Rescapée, de Fiona Kidman qui nous emmènent au milieu du XIXème siècle, alors que la Nouvelle-Zélande s’accélère au dépend des maoris. Une intrigue qui pourrait ressembler à celle d’un western, tant on peut faire le parallèle avec le sort des amérindiens.

Rescapée nous raconte l’histoire de Betty, une jeune femme qui a vécu plusieurs mois en captivité parmi les maoris. Officiellement c’est une victime que l’on a délivrée. Mais très vite, des rumeurs commencent à circuler dans la bonne société australienne. On évite de plus en plus la jeune fille et on commence à se demander de plus en plus ouvertement ce qu’elle du faire pour assurer sa survie ?

Si le fond de Rescapée est vraiment digne d’intérêt, la forme est un peu plus décevante. En effet, les évènements sont largement racontés en flash-back et il faut attendre la moitié du roman pour vraiment entrer dans le vif du sujet. C’est dommage car cela laisse le temps au lecteur de sortir un peu de l’histoire en se demandant pendant 200 pages quand est-ce que cela va vraiment commencer. Certes, la suite est nettement plus passionnante, mais Fiona Kidman n’a malheureusement pas su nous faire vraiment aimer ses personnages. Pourtant, le récit nous est proposé à travers différentes sources, nous offrant différents points de vue, nous permettant de partager les pensées de diverses protagonistes.

Rescapée n’est donc pas vraiment un récit d’aventures, ni un récit purement historique. Il aurait pu être les deux à la fois, mais il n’est malheureusement au final aucun des deux.

LA BELLE HISTOIRE

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ericabidalImmense émotion hier soir au Camp Nou de Barcelone avec l’entrée en jeu d’Eric Abidal, un an tout juste après sa transplantation du foie. Le sport aime raconter de belles histoires. Certes, certaines tournent vite au mensonge, comme avec Lance Armstrong, d’autres ne sont que des constructions médiatiques, comme celle d’Oscar Pistorius. Cette fois-ci, celle du footballeur français ne prête pas à discussion. Elle est simple et émouvante parce que porteuse d’espoir.

Voir un sportif de haut niveau atteint par une telle maladie frappe l’imaginaire et va à contresens de tout ce que l’on associe à un athlète, symbole de bonne santé et d’un corps qui va au bout de son potentiel. Si des hommes comme ça sont atteints à ce point dans leur chair, aucun de nous, simples mortels, n’est à l’abri. Le voir rejouer au football démontre qu’il n’y a pas de fatalité et que même les maux les plus terribles peuvent désormais connaître une guérison.

Pour les mêmes raisons, le décès de Marc-Vivien Foé sur un terrain de football en 2003 nous avait tous frappé de stupeur, nous renvoyant à nos propres angoisses. Il n’y avait évidemment pas de retour possible pour lui. Celui d’Eric Abidal nous apporte un peu d’espérance face à ce qui nous fait le plus peur… la mort.

LES AMANTS PASSAGERS, WARM BODIES, GI-JOE 2 : CONSPIRATION : Soirée légère

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lesamantspassagersafficheMa soirée cinématographique de vendredi soir a été placée sous le signe de la légèreté, ou du moins disons qu’elle ne m’a pas trop coûté de neurones. Elle a débuté par la fantaisie aérienne signée par Pedro Almodovar, les Amants Passagers. Une comédie assez loufoque, à base de marivaudages multiples, aussi bien hétéro qu’homosexuels, mettant en scène diverses personnages dans l’espace assez confiné de la classe affaire d’un vol Madrid-Mexico.

Bon, je dois bien l’avouer, j’ai trouvé ce film ni vraiment drôle, ni vraiment intéressant. Les histoires croisées sont forcément inégales, mais aucune d’entre elles ne m’a vraiment permis de rentrer dans l’avion avec les protagonistes. Les Amants Passagers joue clairement la carte de l’humour décalé, mais on est très loin de la qualité d’un Femmes Au Bord de la Crise de Nerf. Visiblement, avec les années, Pedro Almodovar a oublié comment faire une vraie et bonne pure comédie. Le film nous réserve heureusement trois minutes de pur bonheur, le temps d’une chorégraphie sur I’m so Excited de The Pointer Sisters. Mais il nous laisse quand même globalement une impression d’un cinéaste qui n’a pas réussi à puiser ailleurs que dans son propre univers et ses propres obsessions (sexuelles en particulier) pour une quasi auto-parodie ratée.

warmbodiesafficheLa soirée s’est poursuivie avec Warm Bodies. Bon, je n’avais pas franchement prévu de le voir, mais pour avoir croisé des gens l’ayant quand même apprécié et puisque les horaires collaient, j’ai donc fini par y aller. Comédie romantique adolescente sympathique et presque originale, puisqu’elle concerne une humaine et un zombi. Dommage cependant que tout cela reste si gentillet et premier degré et n’exploite pas pleinement les possibilités offertes par un pitch qui aurait pu conduire facilement au politiquement incorrect. Il n’y a qu’à voir le physique de l’héroïne, désespérément blonde et à la dentition parfaite. N’attendez pas d’allusions sexuelles ou de blagues grivoises, tout cela reste dans le divertissement familial typiquement hollywoodien, avec bons senteiments et happy-end pour finir. Cependant, le film fonctionne incontestablement bien et on passe tout de même un bon moment.

 
gijoe2afficheEnfin, tout cela s’est terminé avec GI-Joe 2 : Conspiration. Là, on est vraiment dans la madeleine de Proust, me replongeant dans les milliers d’heures que j’ai passé dans mon enfance à jouer avec ces figurines. Si le premier volet avait été assez basique, au moins réservait-il quelques passages sympas, dont une belle poursuite dans Paris se terminant par la destruction de la Tour Effeil. Ici, en plus d’un scénario sans aucun intérêt, ni réels rebondissements, on n’a même pas de vrai moment de bravoure, à part peut-être quelques secondes où on assiste à la destruction de Londres (et oui, chacun son tour !). Cette nouvelle production Hasbro prend donc le même chemin que la franchise Transformers. Après avoir épuisé le peu de bonnes idées dans un premier volet se laissant regarder avec plaisir, les suites s’annoncent nombreuses et sans aucun intérêt. Mais bon, que ne ferait-on pas pour replonger en enfance le temps d’un film ?
 
LES AMANTS PASSAGERS
 
Fiche technique :
Production : Ek Deseo S.A.
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar
Montage : José Salcedo
Photo : José Luis Alcaine
Décors : Antxon Gomez
Musique : Alberto Iglesias
Costumes : David Delfin
Durée : 90 mn
 
Casting :
Javier Camara : Joserra
Lola Duenas : Bruna
Cecilia Roth : Norma Boss
Carlos Areces : Fajas
Raul Arevalo : Ulloa
Hugo Silva : Benito Moron
Antonio de la Torre : Alex Acero
Paz Vega : Alba
Penelope Cruz : Jessica
Antonio Banderas : Leon
 
WARM BODIES
 
Fiche technique :
Production : Summit Entertainment, Make Movies, Mandeviu
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Jonathan Levine
Scénario : Jonathan Levine, d’après le roman d’Isaac Marion
Montage : Nancy Richardson
Photo : Javier Aguirresarobe
Décors : Martin Whist
Musique : Marco Beltrami, Buck Sanders
Durée : 98 mn
 
Casting :
Nicholas Hoult : R
Teresa Palmer : Julie
Analeigh Tipton : Nora
Rob Corddry : M
Dave Franco : Perry
John Malkovich : Grigio
 
GI-JOE 2 : CONSPIRATION
 
Fiche technique :
Production : Paramount pictures, MGM, Hasbro, Skydance productions, Di Bonaventura Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jon M. Chu
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick
Montage : Roger Barton, Jim May
Photo : Stephen Windon
Décors : Andrew Menzies
Musique : Henry Jackman
Costumes : Louise Mingenbach
Durée : 110 mn
 
Casting :
Dwayne Johnson : Roadblock
Jonathan Pruce : le président
Byung-hun Lee : Storm Shadow
Elodue Yung : Jinx
Channing Tatum : Duke
RZA : Blinde Master
Bruce Willis : General Joe Colton
Ray Stevenson : Firefly

L’ETERNEL COMBAT

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jeromecahuzac2Depuis quelques jours, l’affaire Cahuzac provoque l’émoi dans la classe politique du sommet de l’Etat jusqu’au militant de base, je peux en témoigner. Il est vrai que les faits sont graves, je l’ai déjà largement souligné. Cependant, je trouve cette émotion quelque peu disproportionnée, non parce qu’elle n’est pas légitime, mais qu’elle semble soudaine quand les faits en question ne constituent pas en eux-même une grosse surprise. Bien sûr, on ne savait pas que précisément Jérôme Cahuzac avait un compte en Suisse, mais qu’un homme avec son parcours et sa position en ait un ne constitue pas non plus l’évènement le plus inattendu du siècle.

Je ne veux sûrement pas alimenter le refrain du « tous pourris ». Bien au contraire, je m’élève assez souvent ici contre lui. Simplement, ce n’est pas parce qu’un mal est caché qu’il n’existe pas. C’est en cherchant que l’on trouve et la chute de Jérôme Cahuzac démontre au moins que les journalistes et la justice peuvent travailler librement dans notre pays et que personne n’est à l’abri de se faire rattraper par la patrouille. Cela constitue une bonne nouvelle, même si cela serait plus confortable si jamais de telles affaires ne remontent à la surface.

Car de telles affaires existent depuis que l’humanité a inventé la politique et le pouvoir, soit depuis à peu près toujours. Alors les termes comme « crise de régime » tiennent du verbiage et de la tentative de récupération politique et les discours type « plus jamais ça », « il faut en finir pour de bon» paraissent un peu vains et semblent parfois être juste là pour se donner bonne conscience. C’est un combat qu’il faudra toujours mener, encore et encore, sans faiblir car le mal ne pourra jamais être éradiqué, à moins de changer profondément la nature humaine. Et ça, c’est hors de portée de toute décision politique.

Le pouvoir, l’argent, l’influence que l’on exerce amènent la tentation. Et là où il y a tentation, il y aura toujours des gens pour y succomber. On peut rêver que la politique ne soit menée que par des chevaliers blancs au cœur pur, mais c’est évidemment un rêve dont je doute même qu’il soit souhaitable qu’il se réalise. On reproche souvent aux hommes politique d’être en décalage avec la société, il serait injuste de leur reprocher dans le même temps de ne pas échapper à ses maux les plus communs. Dans un billet, j’avais un jour écrit que je ne jugeais pas le jeune des banlieues qui dealaient parce que je n’ai jamais été dans une position m’amenant à choisir entre l’honnêteté et la délinquance. Pour la fraude fiscale, je pourrais faire le raisonnement parallèle. N’ayant aucun argent à placer en Suisse, il est facile pour moi de porter un jugement moral sur ceux qui pratique une telle évasion.

J’ai pourtant bien porté un jugement moral sur Jérôme Cahuzac. Un jugement sévère que je maintiens naturellement. C’est avant tout parce qu’à la faute ancienne, il a ajouté un long mensonge et un absence total d’honneur. Or, je ne crois pas que l’on puisse légiférer sur le manque d’honneur. Le cas de l’ancien ministre du budget doit bien sûr pousser à l’action. Mais il faudra agir aujourd’hui, demain et encore après-demain dans une lutte incessante, alors inutile de le faire dans la précipitation et l’émotion. Et surtout, il ne faudra pas avoir peur de ce qu’on pourra alors trouver…