EL CHINO : Humour argentin sauce aigre-douce

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elchinoafficheDepuis le triomphe mondial de Dans Ses Yeux, récompensé par un Oscar du meilleur film étranger, le cinéma argentin à droit de cité sur nos écrans. Après les Acacias, une très jolie histoire d’amour, voici El Chino, deuxième film venu de Bueno Aires sorti en 2012 en France. On y retrouve la grande star nationale, Ricardo Darin, qui prouve ici sa polyvalence puisqu’il quitte le monde du polar pour la pure comédie.

Roberto est un vieux garçon, à la vie réglée comme du papier à musique, à la fois quincailler et misanthrope. Bref, l’archétype du grognon au grand cœur, même s’il n’admettra jamais cette dernière qualité. Il la met pourtant en œuvre, le jour où il croise Jun, un Chinois ne parlant pas un mot d’Espagnol, perdu et qui recherche son oncle. Mais en attendant que l’ambassade fasse le nécessaire pour retrouver ce dernier, il se retrouve obligé d’héberger ce compagnon avec lequel il n’est guère possible de communiquer.

El Chino est une comédie drôle. J’aurais presque envie d’arrêter ma critique ici, tant cette qualité est suffisante pour un film de ce type. L’humour est ici purement situationnel et repose sur le ressort archi-classique du solitaire qui voit ses habitudes bousculées par un tiers avec lequel il est obligé de cohabiter. Un principe déjà mille fois mis en œuvre. Mais quand cela fonctionne, et c’est le cas ici, on continue d’en rire volontiers de bon cœur.

Si El Chino se démarque par une certaine originalité, c’est grâce à ces personnages. Non qu’ils soient vraiment révolutionnaires, mais ont assez de personnalité pour être marquants. Celui de Roberto est à la fois un archétype et quelqu’un auquel on s’attache immédiatement. Jun est lui plus inattendu, mais il joue quand même essentiellement un rôle de faire-valoir, ou du moins d’élément perturbateur. Vous rajoutez au milieu une femme essayant désespérément d’attirer l’attention de ce vieux garçon et vous obtenez un cocktail qui fonctionne vraiment bien.

El Chino est un film qui exploite pleinement une bonne idée de départ, sans chercher à se dissiper. Cependant, du coup, le scénario tourne quand même un tout petit peu en rond. Il n’y a guère de surprises entre le début et le dénouement. Certes, il y a des péripéties, mais rien qui ne remette en cause le concept initial. C’est sans doute là la plus grande limite de ce film, mais que cela ne soit réellement problématique.

elchinoComme tous les films basé sur un solitaire obligé de renoncer à sa solitude, El Chino véhicule un message humaniste. Vous vous doutez bien que tout cela ne se termine pas sans que le personnage central ne soit quelque peu sorti de sa misanthropie. Il est délivré avec beaucoup d’intelligence et n’alourdit en rien le film. Il fait même partie intégrale du charme que dégage cette production argentine. Là encore, certains éléments sont plutôt inattendus, à défaut d’être totalement inoubliables.

El Chino repose beaucoup, pour ne pas dire essentiellement, sur le formidable charisme de Ricardo Darin. Il est clair que sans lui, le cinéma argentin serait toujours dans un total anonymat cinéphile. Il nous livre là une nouvelle très grande performance. Il s’amuse visiblement à interpréter ce personnage qui tient plus de l’ours que de l’humain. Et cet enthousiasme est tout à fait communicatif. A ses côtés, Muriel Santa Ana et Ignacio Huang se montrent à la hauteur, contribuant eux-aussi incontestablement au charme de ce film.

Au-delà d’un certain dépaysement, El Chino est une très bonne comédie, sans prétention, mais avec quelques qualités rares, insufflées par son merveilleux interprète principal.

Fiche technique :
Production : Pampa films, Tornasol Films, Telefe
Distribution : Eurozoom
Réalisation : Sebastián Borensztein
Scénario : Sebastián Borensztein
Montage : Pablo Barbieri Carrera
Photo : Rodrigo Pulpeiro
Son : Eduardo Esquide
Musique : Lucio Godoy
Directeur artistique : Valéria Ambrosio, Laura Musso
Durée : 100 mn

Casting :
Ricardo Darin : Roberto
Muriel Santa Ana : Mari
Ignacio Huang : Jun
Enric Cambray : Roberto jeune
Ivan Romanelli : Leonel

UNE BOUTEILLE A LA MER : Les mots par delà les murs

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unebouteillealamerafficheLes tensions religieuses au Proche-Orient ont inspiré deux très bons films en 2011 : le magnifique Et Maintenant On Va Où ? et la surprenante comédie le Cochon de Gaza. 2012 semble partie sur cette lancée avec une nouvelle production française de qualité qui nous plonge au cœur du conflit israélo-paléstinien : Une Bouteille à la Mer. Une œuvre au message simple, pleine d’un optimiste humaniste qui redonne un peu d’espoir.

Tal est une jeune française de 17 ans, dont la famille vient tout juste de s’installer en Israël. Un attentat dans son quartier la bouleverse et la pousse à vouloir comprendre le sens de tout ceci. Par l’intermédiaire de son frère, militaire à la frontière avec Gaza, elle envoie un message dans une bouteille, espérant qu’elle s’échoue et soit récupérée par un Palestinien acceptant de dialoguer avec elle. Quelques jours plus tard, le miracle se produit et elle reçoit une réponse.

Une Bouteille à la Mer est une belle histoire. Comme beaucoup de belles histoires, elle est un peu trop belle pour être vraie. Mais comme beaucoup de belles histoires trop belles pour être vraie, on a envie d’y croire. On est au cinéma, face à une fiction, pas face à un documentaire. Alors pourquoi pas ne pas rêver deux secondes. Surtout que, je vous rassure, le film ne se termine pas par « ils se marient et ont beaucoup d’enfants ». Le film n’est pas (trop) fleur bleue. Il est tout simplement optimiste. Et il n’y pas forcément de mal à l’être de temps en temps.

Au-delà de la naissance d’une amitié épistolaire improbable, Une Bouteille à la Mer cherche à mettre en parallèle le quotidien de chaque côté de la frontière. Les deux personnages n’ont rien d’exceptionnel, à part leur volonté d’échapper à la haine brute et aveugle. Mais ni l’un, ni l’autre ne peut échapper la peur, à la violence et la pression de la société dans laquelle ils vivent. Un des grands mérite du film est ne pas chercher à tout prix à nous expliquer qu’au fond, ils sont pareils. Non, ils vivent dans des mondes très différents, même s’ils ne vivent qu’à 45 km l’un de l’autre et forcément, leur personnalité, leur façon de voir le monde en est profondément affecté. Après, contrairement à tous ceux qui les entourent, il acceptent de considérer le point de vue l’autre, mais sans forcément le comprendre ou le partager.

Une Bouteille à la Mer est aussi un film sur l’adolescence. Une adolescence dans un contexte assez particulier, mais une adolescence quand même, avec son premier amour, ses premières cigarettes, ses interrogations. On regretterait presque que cet aspect ne soit que secondaire, tant il est traité avec beaucoup d’intelligence. Je souligne trop souvent que la vision cinématographique de cet âge si particulier tourne le plus souvent à la caricature et au ridicule. Il n’en est rien ici et cela joue beaucoup à l’attachement que l’on peut ressentir pour les personnages. Sans cela, on n’arriverait pas à rentrer aussi profondément dans cette histoire et on n’arriverait définitivement pas à y croire.

unebouteillealamerLa réalisation de Thierry Binisti est sobre et parfaitement au service de son histoire et de ses personnages. Il alterne les passages touchants, drôles et dramatiques avec le même bonheur. Il arrive à insuffler ce qu’il faut de rythme pour arriver à nous faire entrer dans cette histoire entre deux êtres qui ne peuvent se voir et se rencontrer.

Les deux acteurs sont parfaitement dans leur rôle. On avait remarqué Mahmud Shalaby dans les Hommes Libres, où il incarnait…un juif. Comme quoi, ces deux peuples ne sont définitivement pas si éloignés que cela. Quant à la jeune Agathe Bonitzer, elle quitte ici définitivement les rôles de petite fille qu’elle interprète depuis longtemps dans divers films français. Beaucoup de sensibilité dans une interprétation sobre et crédible.

Une Bouteille à la Mer est donc une belle histoire, très bien racontée. On espère juste un jour pouvoir en retrouver quelques unes de ce type au journal de 20h.

Fiche technique :
Production : TS productions, EMA Films, Lama Films, France 3 Cinéma
Distribution : Diaphana
Réalisation : Thierry Binisti
Scénario : Valérie Zenatti, Thierry Binisti, d’après le roman de Valérie Zenatti
Montage : Jean-Paul Husson
Photo : Laurent Brunet
Décors : Boaz Katznelson
Musique : Benoît Charest
Costumes : Halada Attalah
Durée : 99 mn

Casting :
Agathe Bonitzer : Tal
Mahmoud Shalaby : Naïm, Gazaman
Hiam Abbass : Intessar
Riff Cohen : Efrat
Abraham Belaga : Eytan
Jean-Philippe Ecoffey : Dn
Smadi Wolfman : Myriam
François Loriquet : Thomas
Salim Daw : Ahmed

LA MEDIOCRITE INTELLECTUELLE AU POUVOIR

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sarkoallegreNicolas Sarkozy est certainement très content de lui. Je suis persuadé qu’il y a en lui une jubilation quelque peu enfantine, que l’on pourrait aisément qualifiée de mesquine. L’arrivée de Claude Allègre dans son équipe de campagne est sûrement pour lui la preuve de sa supériorité sur son adversaire, qui ne compte pas auprès de lui d’anciens ministres du camp d’en face. Mais s’il est content de lui, pas sûr qu’il tire le moindre bénéfice électoral.

Ce ralliement, très certainement recherché par le chef de l’Etat, montre bien à quel point il pousse loin la médiocrité intellectuelle. On avait raillé le soir de son élection les « artistes » qui l’entouraient : Faudel, Mireille Matthieu… On n’a pu se moquer des ministres qui ne devaient leur nomination à des postes à si hautes responsabilités qu’à leurs qualités de courtisans : Luc Chatel, Laurent Wauquiez et l’inénarrable Nadine Morano. Ce manque de discernement et de prise de hauteur est tout à fait symbolique du quinquennat qui vient de s’achever.

Nicolas Sarkozy est donc soutenu par deux anciens ministres de gauche : Claude Allègre et Bernard Tapie. Bon, déjà ce n’est guère une surprise puisque ces deux là avaient déjà retourné leur veste en 2007. La prise de responsabilités de l’ancien ministre de l’éducation montre bien que ce cirage de bottes peut finir par payer et ne doutons pas qu’il y a derrière tout ça un rêve (une promesse ?) de retour au gouvernement, en cas de victoire du Président sortant. Mais bon soyons sérieux. Ni l’un, ni l’autre ne sont des modèles de probité et de pertinence intellectuelle.

La présence de Claude Allègre, négationniste de l’origine humaine du réchauffement climatique, aux côtés de Sarkozy sonne même comme une provocation. On peut en rire, tellement tout cela semble ridicule. On pourrait y voir là un mépris de la droite sur les questions environnementales. Mais il ne faut même pas pousser le raisonnement aussi loin. Le calcul est avant tout politique et seul son statut d’ancien ministre de Lionel Jospin vaut au géophysicien son entrée dans l’équipe de campagne. Les idées, la pertinence face aux graves problèmes que notre pays, et pour le coup l’humanité entière, affrontent, la compétence, rien de tout cela ne rentre en ligne de compte. Et c’est particulièrement désolant, pour ne pas dire inquiétant.

Cela en dit long surtout sur le degré de convictions de tout ce joli petit monde. Faire de Nathalie Kosciusko-Morizet, censée incarner la sensibilité écologiste de l’UMP, le parte parole de la campagne, tout en faisant entrer Claude Allègre dans l’équipe qui doit la mener, montre bien que seuls importe l’assurance d’avoir un poste dans le futur gouvernement, qu’importe ce qu’on y fera. Mais le plus incroyable est de penser que Sarkozy et son équipe pensent « l’arrivée de Claude Allègue dans notre équipe va nous faire gagner des voix ». Ont-il perdu à ce point le sens de réalité ou bien est-ce encore une fois une manœuvre de désespoir devant une défaite de plus en plus inexorable ?

Place au ridicule politique, les problèmes de la planète attendront.

THE SELDOM SEEN KID (Elbow) : Courant alternatif

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theseldomseenkidelbowEt oui encore un groupe de rock anglais… Allez, ne râlez pas, c’était ça ou de la musique de pouffes. Bon, c’est vrai que je n’écoute pas que ça, mais quand on pioche un peu au hasard, on tombe souvent dans une ou l’autre de ces deux catégories. Cette fois, je vais donc vous parler d’Elbow et de leur album the Seldom Seen Kid. Un album qui aurait vraiment pu être excellent s’il n’était pas quelque peu inégal.

Elbow possède un légère originalité par rapport à ses collègues d’Outre-Manche. Il y a bien un chanteur, un guitariste, un bassiste et un batteur. Mais le groupe possède un cinquième membre, préposé au clavier. Bon, ce n’est pas non plus hyper révolutionnaire, mais comme, avouons-le, beaucoup de ces groupes anglais se ressemblent, il faut bien trouver quelque chose pour les différencier. Sinon, ces cinq garçons sont originaires de Manchester et ont connu un certain succès dès la sortie de leur premier album, Asleep in the Back en 2001. Leur discographique en compte désormais cinq, the Seldom Seen Kid est le quatrième, sorti en 2008, et a reçu de très nombreux prix dans les équivalents britanniques des Victoires de la Musique.

Si on devait rapprocher Elbow d’un autre groupe britannique d’une envergure un tantinet supérieure, on penserait immédiatement à Coldplay. Sur certains titres, la ressemblance est même frappante. Mais elle permet aussi de mesurer la petite différence entre un grand groupe et un bon groupe. Elbow fait incontestablement partie de cette dernière catégorie, mais est un peu juste pour postuler à la première. Faute à une certaine inconstance dans l’inspiration.

En effet, on trouve dans the Seldom Seen Kid quelques titres vraiment excellents comme Grounds for Divorce, Audience with the Pope, Fix ou encore Friends of Ours. Il n’y a peut-être pas là-dedans de quoi faire un tube planétaire inoubliable, mais on y trouve infiniment plus de talent et de maîtrise artistique que chez l’immense majorité des groupes actuels. De plus, ces titres ne se ressemblent pas. Certains ont des accents plus rock, d’autres plus mélancoliques. Il est clair que Elbow ne nous livre pas du rock énervé et la plupart de leurs titres tirent plutôt sur la ballade, avec le plus souvent une ligne mélodique très classieuse et élégante, mais on n’a pas vraiment l’impression d’entendre toujours le même morceau. Enfin pas tout à fait…

Vous l’aurez compris, the Seldom Seen Kid cache aussi une face plus sombre… pour ne pas dire sinistre. Des titres lancinant, sans énergie, ni inspiration qui donne juste envie de déprimer… ou de vite passer le plus rapidement possible à la plage suivante. Mirrorball, Loneliness of a Tower Crane Driver ou Some Riot sont dans cette veine. Eparpillés dans tout l’album, ces titres font quelque peu retomber l’enthousiasme qui pouvait naître des excellents titres par ailleurs. Ce n’est pas rédhibitoire, c’est juste dommage.

Bon, si on fait la balance entre le bon et le mauvais, c’est le bon qui l’emporte largement. Seldom Seen Kid reste un très bon album, largement au-dessus du lot. Elbow a un vrai talent qui lu permet de se démarquer de la concurrence, sans non plus naviguer dans les mêmes eaux que Coldplay ou Radiohead, auxquels ils font penser au détour de quelques chansons. On est donc face à un groupe qui pourra nous proposer de merveilleux best of, mais dont l’œuvre n’est pas intégralement recommandable. Enfin, il y a tant de groupes dont l’œuvre entière ne l’est pas…

Pour une bonne moitié de titres vraiment excellents, the Seldom Seen Kid de Elbow ne dépaillera pas dans les meilleures discothèques. Mais si la votre est quelque peu limitée, attendez la sortie d’un best of du groupe.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur the Seldom Seen Kid.

1.: Starlings
Une longue et étrange introduction qui débouche sur une belle ballade.

2.: Bones Of You
Une pop très classieuse.

3.: Mirrorball
Ballade mélancolique, un rien sinistre.

4.: Grounds For Divorce
Pop-rock rythmé, élégant et original, pour un très bon titre.

5.: Audience With The Pope
Une excellente ballade pop, aux accent crooner.

6.: Weather To Fly
Des accents plus tristes pour ce titre qui fait un peu penser à Coldplay.

7.: Loneliness Of A Tower Crane Driver
Un titre quelque peu transparent et sinistre.

8.: Fix
La voix se transforme et prend beaucoup de profondeur pour cet excellent morceau.

9.: Some Riot
Très sombre, envoûtant, mais l’air de piano en arrière plan est vraiment lancinant.

10.: One Day Like This
Ressemble une nouvelle fois à du Coldplay et le résultat est pas mal du tout.

11.: Friend Of Ours
Une belle ballade douce et épurée.

LA TAUPE : Londres, nid d’espions

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lataupeafficheJohn Le Carré est un auteur au style unique et et reconnaissable. Une écriture puissante, épaisse et d’une formidable densité. Des intrigues complexes dans lesquels les lecteurs sont plongés sans ménagement et de manière brutale. Bref une œuvre qu’on ne peut adapter fidèlement à l’écran sans un immense talent. Tomas Alfredson avait prouvé qu’il en avait à revendre avec Morse, petit bijou du cinéma européen (lamentablement adapté aux US sous le titre Laisse-moi Entrer). Il le confirme avec le premier vrai chef d’œuvre de 2012, la Taupe.

Le patron MI6 envoie en secret un de ses agents en Hongrie pour une mission secrète, connue que des deux hommes. Et pour cause, il s’agit de récolter des informations sur une taupe qui aurait été implantée par les Soviétiques au sommet de l’espionnage britannique. Mais la mission tourne au fiasco et il est renvoyé, entraînant avec lui son fidèle adjoint, George Smiley. Ce dernier est cependant rappelé quelques temps plus tard par le ministre lui-même pour enquêter sur un éventuel agent-double, dont l’existence semble de plus en plus probable.

La Taupe est tout simplement un film remarquable, passionnant, alors que l’œuvre littéraire n’était certainement pas celle qui se prêtait le plus à un adaptation cinématographique. Mais le résultat est à la hauteur, tous les pièges ayant été évités avec un formidable brio. Un film aux qualités si nombreuses que l’on ne sait où commencer, tant le travail de Tomas Alfredson est impressionnant. Il prouve ici que l’on peut créer une incroyable tension et un fascinant suspense sans aucune scène d’action.

Comme on pouvait s’y attendre, la Taupe possède un scénario incroyablement dense. Pourtant le film arrive à éviter une complexité excessive. Certes, il faut rester un minimum concentré, mais tout est exposé de manière claire, logique et parfaitement ordonné. Pourtant, les nombreux flashbacks, la multitude des personnages auraient pu créer la confusion. Il n’en est rien, ce qui permet au spectateur de reste totalement dans l’histoire et de la dévorer, comme on dévore un roman passionnant.

La Taupe est un film tout en tension. Un tension qui naît des rapports entre les personnages où se mêlent la défense de la patrie avec l’ambition, l’hypocrisie et la jalousie. La vision du MI6 donnée par John Le Carré, lui-même ancien espion, n’est guère flatteuse. Si 2011 nous a livré deux très beaux films sur les coulisses de la politique (les Marches du Pouvoir et l’Exercice de l’Etat), ceux de l’espionnage ne sont pas mal non plus.

lataupeMais cet aspect de la Taupe ne prend vraiment son intérêt que par la merveilleuse façon dont cette tension est visuellement retranscrite à l’écran. La manière dont Tomas Alfredson capte les regards, fait ressortir par des petits riens la nature profonde des personnages fait de ce film une œuvre totalement aboutie. Le travail sur la photographie, la musique et surtout les couleurs démontre à quel point la réussite de ce film ne doit rien au hasard. On est face à un travail cinématographique majeur qui n’est pas là juste pour épater la galerie, mais au service, on l’a vu plus haut, d’un scénario fort et complexe.

La Taupe acquiert définitivement son statut de grand film par son casting. Mais ce n’est pas que la liste de noms qui est impressionnante, c’est aussi la manière dont Tomas Alfredson a su transformer ses acteurs. Au premier rang d’entre eux, un Gary Oldman totalement méconnaissable. On connaissait son immense talent, mais il tient là peut-être son plus grand rôle. Il incarne littéralement son personnage, donnant même l’impression d’avoir abandonné son propre corps pour celui d’un autre. Le reste de la distribution est au diapason. On citera en particulier un Colin Firth égal à lui-même, ce qui est en soit un beau compliment, et Toby Jones, dont le physique particulier ne lui permet pas de mener une carrière à la hauteur de son talent.

Adapter la Taupe à l’écran était donc un vrai pari, mais parfaitement relevé par Tomas Alfredson qui nous offre là le premier moment de pur enthousiasme cinématographique de 2012.

Fiche technique :

Production : Studiocanal, Working Title, Karla films, Paradis films, Kinowelt
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Tomas Alfredson
Scénario : Bridget O’Connor, Peter Straughan, d’après le roman de John Le Carré
Montage : Dino Jonsäter
Photo : Hoyte Van Hoytema
Décors : Maria Djurkovic
Musique : Alberto Iglesias
Costumes : Jacqueline Durran
Durée : 127 mn

Casting :

Gary Oldman : George Smiley
Mark Strong : Jim Prideaux
Colin Firth : Bill Haydon
John Hurt : Control
Ciaran Hinds : Roy Bland
Tom Hardy : Ricky Tarr
Benedict Cumberbatch : Peter Guillam
Toby Jones : Percy Allenine
Kathy Burke : Connie Sachs

LES CHARMES DISCRETS DE LA VIE CONJUGALE (Douglas Kennedy) : Un charme un peu trop discret

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lescharmesdiscretsdelavieconjugaleJ’adore Douglas Kennedy. J’ai commencé par lire Cul-de-Sac, le livre qui l’a révélé et je dois admettre que c’est effectivement un petit chef d’œuvre. Depuis, ses romans sont toujours très bons et en font un des auteurs contemporains majeurs. Cependant, je n’ai jamais encore retrouvé cet enthousiasme originel. Et ce n’est pas les Charmes Discrets de la Vie Conjugale qui va me le permettre.

Hannah Buchan ne voulait pas d’une vie rangée. Elle voulait partir finir ses études à Paris. Mais voilà, elle rencontre Dan, tombe amoureuse et de fil en aiguille se retrouve à le suivre dans une toute petite ville perdue au fin fond du Maine. Elle est loin de l’existence dont elle rêvait, ce qui lui rapporte le mépris de sa mère. Un incident va venir bouleverser sa vie. Enfin, pas en immédiatement en profondeur. Mais trente ans plus tard…

Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale est un roman riche. Peut-être trop riche d’ailleurs, car aucune thématique n’est tout à fait explorée jusqu’au bout. Sur 600 pages, Douglas Kennedy prend tout de même le temps de nous raconter beaucoup de choses, mais je n’ai pu m’empêcher de sortir de ce roman quelque peu frustré. Quand une piste semble pouvoir devenir passionnante, le récit passe à autre chose et tout est à recommencer.

Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale est d’abord un roman sur le couple. Bon, vu le titre, on pouvait s’en douter. Pourtant, si cela constitue bien le fil rouge principal de ce roman, la thématique n’est vraiment abordée de front que dans les dernières pages. Certes, tout est la conséquence de l’ensemble des péripéties qui ont précédé, mais la réflexion manque un peu de recul et n’apporte surtout rien de bien nouveau sur un sujet qui a déjà permis à des milliers d’auteurs de noircir des millions de pages.

Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale traite également largement du climat qui régnait dans l’Amérique de George Bush, dans l’Amérique d’après le 11 septembre. Une Amérique renfermée sur elle-même, intolérante, où la droite la plus radicale pouvait cracher sa haine de tout ce qui sortait de près ou de loin de ce qu’elle qualifiait de « bien ». Un courant de pensée qui peint tout en noir et blanc et n’applique jamais une seule seconde les valeurs qu’elle prétend pourtant défendre. Ni de liberté, ni de fraternité dans cette Amérique-là.

Mais cet aspect, qui sert de base à l’intrigue en tant que tel, est traité avec de grosses ficelles. Comme à son habitude, Douglas Kennedy s’appuie sur une histoire pleine de rebondissements, plus ou moins invraisemblables. Cela rend la lecture globalement distrayante, mais pour le coup, il m’est souvent arrivé de ne pas trop croire ce qu’il me racontait, à trouver ça un peu gros, un peu facile. Il arrivait tout de même à me donner envie de connaître la suite, mais sans être pour autant enthousiasmé ou passionné. Je partage évidemment ces idées, mais certains personnages sont tellement caricaturaux que l’on se dit qu’il ne prenait pas grand risque.

Heureusement, Douglas Kennedy possède une plume d’un calibre suffisant pour que l’on parcourt le roman sans jamais s’ennuyer. De plus, il entretient une relation étroite avec son traducteur français, donc on peut espérer que les « pertes en ligne » soient relativement limitées. C’est un style contemporain, léger, mais celui d’un vrai écrivain au sens noble du terme.

Du coup, je serai vraiment injuste de dire que j’ai passé un mauvais moment en lisant Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale. Je suis juste un peu déçu au vu de l’immense talent de l’auteur.

LE TRAVAIL DE GAUCHE A DROITE

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travailLe travail, c’est la santé, clame la droite. Ne rien faire c’est la conserver, lui répond la gauche ? Pas du tout ! Hier à Rouen, à l’occasion de son deuxième grand meeting de campagne, François Hollande a lui aussi placé le travail au rang des valeurs qu’il entend défendre. Au moins, Nicolas Sarkozy et lui sont d’accord sur quelque chose. Enfin au moins sur les mots, parce que lorsque l’on creuse, on voit bien que les positions sont très divergentes.

Il est vrai que pendant près d’un siècle et demi, la gauche s’est surtout construite sur la libération du « travailleur » de l’aliénation représentée par le travail. Le prolétaire, l’ouvrier formait le gros de ses troupes, avec comme bras armé les syndicats. Aujourd’hui, tout cela a bien sûr volé en éclats. Les frontières sont devenues floues. Un cadre de haut niveau est un employé, mais ne s’apparenterait-il pas plutôt au patronat du 19ème siècle ? Quand on parle du patronat, désigne-t-on les PDG ou les actionnaires ? Bref, le blanc contre noir qui a présidé le vocabulaire de gauche ne peut plus aboutir à un discours cohérent. L’appropriation par François Hollande de la valeur travail montre bien que les choses ont profondément changé à ce niveau-là.

Si on schématise, le travail est un droit pour la gauche, un devoir pour la droite. C’est assez caricatural, mais cela montre bien comment les deux camps abordent la même problématique par des côtés complètement opposés. Contre le syndicalisme de gauche, la droite s’est nourrie au cours de son histoire de l’union de deux catégories sociales.

D’un côté, les propriétaires du capital. Ils attachent évidemment une grande importance à la valeur travail, puisque c’est le travail qui leur permet de gagner de l’argent… sans eux-même travailler. Comme cette catégorie sociale ne peut assumer pleinement cette oisiveté pour dénoncer celle des autres, elle utilise deux stratagèmes. Tout d’abord, elle explique le plus souvent que ce capital est la récompense d’un dur labeur passé. Bref qu’elle mérite ! Sauf que l’héritage existant, ces efforts ont parfois été consentis un siècle plus tôt par un lointain ancêtre. On se retrouve face à des dynasties rentières où la notion de mérite a disparu depuis longtemps pour se laisser porter par l’adage que « l’argent va à l’argent ». Ensuite, elle essaye de monter ceux qui pourraient se retourner contre elle contre d’autres. Les étrangers ou les assistés, c’est au choix. On est là au cœur de l’idéologie de droite, donc Nicolas Sarkozy a été un de plus beaux instigateurs. Je mets le travail en avant, mais je commence par baisser la fiscalité des rentiers. Beau paradoxe révélateur !

De l’autre, ceux qu’on qualifient d’indépendants. Les commerçants, artisans et autres professions libérales. Le discours est ici beaucoup plus sincère. Pour la plupart, ils exercent des métiers difficiles, au moins en termes d’horaires et pour une rémunération parfois incertaine. Ils ne jouissent que de très peu de protection sociale et la liberté d’être son propre patron trouve vite ses limites quand on travaille 6 jours sur 7 et 12h par jour. Ils ressentent un sentiment d’injustice vis-à-vis d’un salariat qu’il considère comme privilégié, sans parler des bénéficiaires des minimas sociaux. Du coup, le propriétaires du capital trouvent ici un allié de circonstance, dont il flatte d’autant plus le mérité que parfois la frontière entre les deux groupes est floue : un artisan possède le capital, même modeste, de son entreprise et peut avoir des salariés. Mais l’un travaille dur, l’autre pas. Mais ce dernier arrive bien à le faire oublier.

Comment la gauche peut-elle alors se positionner ? Vis-à-vis du premier groupe, il semble difficile d’éviter le conflit. Pourtant, il est parfois bon de lui rappeler que tout cela, en un mot l’économie de marché, ne fonctionne que parce qu’il y a des clients en bout de chaîne. Et ces derniers se comptent même parmi ceux qu’ils désignent comme des assistés. Même l’agriculteur céréalier le plus réactionnaire ne cherchera pas à empêcher un RMIste de lui acheter son pain. Personne n’a intérêt à la précarisation d’une large majorité de la population, ce qui a un impact négatif sur l’ensemble de l’économie… et donc a fortiori sur les plus riches. Ces derniers se sont parfois entièrement réfugiés dans la finance, mais la crise de 2008 a bien montré que l’économie réelle finit toujours par les rattraper.

Mais si la gauche doit vraiment réellement effectuer une mutation indispensable, c’est en apprenant à parler au second groupe. Et là, François Hollande apporte une vraie nouveauté, même si Ségolène Royal avait déjà amorcé le virage. En insistant autant sur les PME, il fait déjà un choix pertinent d’un point de vue économique. Mais politiquement, il s’attaque à un public qui a beaucoup moins de raisons de voter à droite que les actionnaires des multinationales. Il sort de ce discours anti-patronat qui englobe tout et n’importe quoi. Il était temps !

Cependant, espérons qu’en réalisant ce changement de discours, la gauche n’oublie pas une chose. Le travail restera toujours un facteur d’aliénation pour une large part de la population. Tout le monde ne s’épanouit pas dans son travail. Il restera toujours des tâches ingrates, engendrant au mieux ennui, au pire souffrance. De manière générale, Le travail n’est de toute façon pas une fin en soi. La réduction du temps de travail est une tendance lourde de l’humanité depuis plusieurs siècles. Et c’est tant mieux ! Cela s’appelle tout simplement le progrès et il serait regrettable que la gauche perde sa foi dans cette notion.

Enfin, espérons que l’électeur ne confonde pas la valeur travail avec la valeur du travail, c’est à dire le salaire. Car à une époque où augmenter les salaires est presque devenu un gros mot, il ne faut pas oublier qu’on continue chaque année à être plus productif, à produire globalement plus de richesses. Le partage de cette valeur ajoutée doit être au centre des débats car voilà un domaine où le clivage gauche-droite à encore tout son sens.

Et après dix ans d’explosion des inégalités provoquée par la droite, se traduisant par une stagnation de l’économie, il est temps d’amorcer un virage à 90° !

UN CARTON ROUGE MERITE MAIS TARDIF

christianvanneste

christianvannesteA force de flirter avec la ligne blanche, Christian Vanneste a fini par passer définitivement du côté obscur de la Force. C’est d’ailleurs un vrai prodige qu’il vient de réaliser, car on pensait que l’UMP de Claude Guéant n’aurait plus honte de quoi que ce soit. Mais le révisionnisme reste encore un tabou absolu dans la politique française et on ne peut que s’en réjouir. La droite nous prouve qu’elle pouvait encore s’indigner, alors qu’on commençait à en douter.

Mais cela ne doit évidemment pas faire oublier le lent glissement du parti du Président vers l’extrême-droite. Christian Vanneste a toujours milité pour une alliance entre l’UMP et le FN et il a du croire que certains propos lui donnaient carte blanche pour nous livrer toutes ses idées les plus indignes. On n’avait plus trop de doute sur les véritables convictions du personnage, cette fois même son propre camp est obligé de le mettre au ban. Non qu’ils soient tous foncièrement en désaccord malheureusement, mais certains savent quand même avancer leur pions avec plus de subtilité.

On peut légitimement poser la question du pourquoi avoir attendu aussi longtemps. En effet, ce débordement de Christian Vanneste n’est pas simplement un débordement, mais un énième débordement. Mais il pose une question plus large qui concerne l’ensemble des formations politiques. Que faire de leurs membres qui se livrent à ce genre de propos scandaleux ? Le PS a eu son George Frêche et, si elle a fini par l’exclure, cela ne fut ni facile, ni immédiat. Il est navrant de voir qu’il faut attendre le mot de trop pour voir ceux dont les convictions sont évidentes et contraires aux valeurs qu’ils sont censés défendre être renvoyés de leur parti.

Si ce n’est pas si simple, c’est tout simplement qu’un Frêche ou un Vanneste ont quelque chose en commun. La légitimité des urnes. On peut le regretter, mais dans notre système démocratique, elle reste celle qui compte en dernier ressort. Espérons tout de même que les électeurs du Nord sauront la retirer définitivement à ce triste sire.

LONDON BOOK OF THE DEAD (The Real Tuesady Weld) : Quelques bijoux, beaucoup de toc

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londonbookofthedeadtherealtuesdayweldVue l’offre pléthorique de musique que l’on connaît aujourd’hui, on est souvent très heureux de tomber sur quelque chose d’inattendu et de vraiment original. C’est un privilège rare et on se doit de l’apprécier à sa juste valeur. London Book of the Dead de The Real Tuesday Weld fait incontestablement partie de ces vrais moments d’étonnement. Mais malheureusement, l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous et c’est plutôt la déception et la frustration qui dominent.

The Real Tuesday Weld est un groupe britannique fondé en 2000 par Stephen Coates. Ils ont signé à ce jour 9 albums, London Book of the Dead étant le 7ème, sorti en 2007. Deux de leurs albums sont des bande-originales de…roman, un peu à l’image de la Mécanique du Coeur pour Dyonisos et Mathias Malzieu.

The Real Tuesday Weld part d’une base musicale jazz rétro, sur laquelle il saupoudre des pincées de musique électronique. On parle de leur musique comme du “swing revival”, une sorte de rencontre entre Django Reinhardt et Massive Attack. Cela donne un résultat qui sort vraiment de l’ordinaire et que l’on a rarement entendu. Une musique vraiment intemporelle qui mélange les époques de manière assez troublante. London Book of the Dead bouscule vraiment les repaires et les habitudes de l’auditeur, surtout s’il est habitué à consommer des produits formatés.

Si la démarche est intéressante, le résultat est par contre quelque peu moyen. Ou en tout cas, très hétorogène. London Book of the Dead est un mélange entre des morceaux de longueur classique, avec des plages plus courtes que l’on pourrait qualifier d’interludes. Certains titres sont purement instrumentaux, mais la majorité propose aussi du chant. Il se caractérise surtout par une alternance entre des morceaux sans aucun intérêt avec d’autres heureusement vraiment plus agréables à écouter.

Malheureusement, ces derniers se ressemblent quand même beaucoup. Du coup, quand London Book of the Dead ne déçoit pas, il tourne en rond. C’est dommage car certaines plages comme The Wonderful Life, Kix ou I Loved London sont des petits bijous. Une musique évaporée, chantée avec un dilettantisme qui cache en fait une vraie maîtrise. Des airs à l’esprit dandy qui représentent à eux-seuls une vraie raison d’écouter cet album. Mais de-là à oublier la bonne dizaine de morceaux qui ne brillent vraiment pas par leur intérêt, c’est un pas qu’on est pas prêt à franchir.

London Book of the Dead est donc particulièrement frustrant. Car la démarche et la maîtrise artistique de The Real Tuesday Weld auraient vraiment pu donner un résultat tout autre. Alors certes, le côté expérimental de cette musique peut expliquer la part de “déchet” dans cet album, mais tout de même, on ne peut s’empêcher d’être déçu. On est ici face à un talent et une imagination mal exploités et c’est vraiment dommage.

London Book of the Dead vous proposera donc quelques bijous dans une mer de musique sans intérêt. C’est déjà ça, mais ce n’est pas tout à fait assez pour ne pas être déçu.

Pour finir, faisons le tour des morceaux que l’on trouve sur London Book of the Dead.

1-Blood Sugar Love
Une introduction évaporée qui ne donne pas envie d’écouter la suite…

2-The Decline and Fall of the Clerkenwell Kid
Un instrumental sans grand intérêt.

3-It’s a Wonderful Li(f)E
Un titre suave, au chant aux accents de crooner, une musique jazz rétro, pour un résultat très sympa.

4-Cloud Cuckooland
Un air entraînant masi terriblement lancinant.

5-Kix
Un petit air léger, évaporé, mais très réussi, aux accents dandy et indolents.

6-Love Sugar Blood
Un cour instrumental.

7-I Loved London
Une petite ballade pleine de charme.

8-I Believe
Dans la même veine que Kix, mais qui tourne un peu en rond.

9-Song for William
Un court interlude.

10-Waltz for One
Des airs de Yann Tiersen pour ce titre.

11-Ruth, Roses and Revolvers
Un morceau assez envoûtant.

12-Dorothy Parker Blue
Un titre transparent.

13-Last Words
Une pop toujours aussi évaporée. Pas mal mais guère différent du reste.

14-Into the Trees
Un nouvel interlude.

15-Bringing the Body Back Home
Un morceau très brouillon.

16-Apart
Un style très rétro pour cet au revoir.

DD LE MAUDIT

didierdrogba

didierdrogbaJ’aime beaucoup Didier Drogba. Je sais, cela peut paraître étonnant de la part d’un supporter du PSG comme moi. Mais que voulez vous, je lui pardonne son attachement indéfectible à l’OM. Déjà parce qu’il est sympa et surtout parce qu’il a été et reste un immense joueur, spectaculaire et efficace. Peut-être le plus grand joueur africain de tous les temps. Alors quelle tristesse de le voir encore une fois échouer dans sa conquête d’un titre continental.

La défaite contre la Zambie est cruelle à bien des égards. Déjà parce que c’est le deuxième échec des Ivoiriens aux tirs aux buts dans une finale qu’ils auraient du mille fois remporter. En 2006, l’arbitrage avait tout fait pour que l’Egypte triomphe chez elle. Cette fois, l’injustice n’est que sportive, mais tout aussi douloureuse. Surtout que Drogba, en ratant un penalty à vingt minutes de la fin, a failli à titre personnel. Certes, il rejoint Michel Platini ou Roberto Baggio dans la légende des grands champions ayant échoué dans cet exercice au pire des moments. Mais je doute que cela le console.

Surtout que Didier Drogba n’est plus tout à fait un fringant jeune homme. A bientôt 34 ans, il n’aura plus beaucoup d’opportunité pour décrocher ce titre qui lui manque cruellement. Mais dans son malheur, demeure une lueur d’espoir puisqu’il la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des Nations a lieu… dès l’année prochaine, afin que cette compétition soit en décalage par rapport à la Coupe du Monde ou à l’Euro. Et ses performances sur le terrain ont prouvé qu’il pouvait encore largement contribuer à ce triomphe de la Côte d’Ivoire attendu depuis près d’une décennie.

Enfin, un mot de félicitation à la Zambie de Hervé Renard dont la victoire surprise fait souffler un petit courant d’air frais sur le monde du ballon rond.