BRICE DE CLERMONT, UN COMIQUE PAS DROLE, MAIS ALORS PAS DU TOUT…

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bricehortefeuxLe dérapage de Brice Hortefeux est quand même un événement assez extraordinaire dans l’histoire de la République française. Un ministre de l’Intérieur qui trouve très drôle de dire que plusieurs arabes ensemble, c’est un problème, semble trop énorme pour être vrai. Pourtant ça l’est. Bienvenue en Sarkozie !

Affligeant, gerbant, ignoble ou scandaleux, les qualificatifs sont nombreux pour parler de ces quelques mots. On n’a que l’embarras du choix, même si tous semblent loin de décrire l’ampleur de ce qui s’est passé. Mais venant de Brice Hortefeux, ce n’est guère étonnant. En fait, on serait presque rassuré, en se disant que l’on ne s’était pas trompé sur ce qu’il est vraiment et que notre envie de lui cracher à la gueule était tout à fait justifiée. Lui aussi peut inspirer tout un tas de qualificatifs, pour la plus part injurieux, alors il semble logique que ses actes aussi.

Mais au delà, du dérapage verbal, c’est tout ce qui a suivi qui est effarant, pour ne pas dire inquiétant. La défense de Brice Hortefeux montre à quel point ce type (je ne vais quand même pas employé le mot « homme » pour le qualifier) est abject. Qu’il se défende, alors qu’il est indéfendable, peut à la limite se comprendre, mais que jamais, ne serait-ce qu’une seule seconde, il ne s’excuse. « Je m’excuse auprès des personnes que j’ai pu blesser, même si mes paroles ont été mal interprétées » aurait constitué une phrase toute faite qui ne l’aurait en rien dédouané. Mais il ne s’est même pas donné la peine de la sortir. Non, à la place, il a préféré stigmatiser l’acharnement de la gauche à son encontre. Mais quel pauvre con ! La vidéo n’a eu besoin d’aucun parti politique pour faire le tour d’Internet et permettre à des milliers de Français de se faire leur propre idée de ce qu’est Monsieur Hortefeux. Selon les époques, cela donne Pierre Laval ou Brice Hortefeux, mais la pourriture reste la même.

Encore plus effarant et que cet homme est encore à l’heure qu’il est Ministre de l’Intérieur. On pourra reconnaître à la droite sarkozienne une sens inné de la solidarité. Mais en accueillant en son sein des groupes fascistes et islamophobes, elle a montré depuis quelques semaines son vrai visage. Elle aurait pu au moins sauver le minimum des apparences en clouant tout de suite Brice Hortefeux au pilori. Elle ne l’a pas fait, espérons qu’elle le payera un jour… Enfin, les déclarations eugénistes de Sarkozy à quelques semaines de son élection ne l’ont pas empêcher de devenir Président.

Mais la palme de la palme du pitoyable vient quand même du brave garçon de la vidéo, qui vient de pisser sur ses origines et les souffrances qu’ont pu infliger les gens comme Hortefeux à ses ancêtres. Il crie à tors et à travers qu’il ne s’est pas fait insulter. Bah voyons ! Il avait le kiki tellement dur en posant avec ses idoles Copé et Hortefeux, qu’il aurait pu être fouetté en place publique qu’il aurait crié « encore, encore ! ». Quant aux commentaires de ses camarades que l’on peut entendre dans la vidéo, en plus de la nausée, il me donne surtout le sentiment définitif qu’il y’a parfois un camp à choisir. Et croyiez-moi bien que je ne suis pas du leur !

LE ROYAUME D’EPINE ET D’OS, TOME 3 : LE CHEVALIER DE SANG (Greg Keyes) : De plus en plus passionnant !

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leroyaumedepinesetdos3En littérature, c’est comme en à peu près n’importe quoi, souvent, le plus dur, c’est de tenir la distance. Nombreuses sont les séries dont l’intérêt décroît au fil des tomes. Rares sont celles qui maintiennent l’intérêt constant. Rarissimes sont celles où l’intérêt se renforce à chaque page. Les Royaumes d’Epines et d’Os fait partie de ces dernières. J’ai déjà chanté ses louanges pour les deux premiers tomes. Je vais donc recommencer pour le troisième, le Chevalier de Sang.

Robert, revenu d’entre les morts, a pris le contrôle du royaume de Crotheny. La princesse Anne ne peut compter que sur peu d’alliés pour espérer reprendre le trône. Pourtant, l’avenir du monde repose en grande partie sur son destin.

Allez pas besoin d’en dire plus. C’est déjà trop pour ceux qui ont lu les deux premiers tomes et pour lesquels il ne faudrait pas gâcher le suspense. Les autres n’auront de toute façon aucune idée de quoi je parle ! En fait, ce troisième volet commence par des péripéties qui ressemblent quand même fortement à tout ce qu’on a vécu au deuxième tome. Du coup, on a presque peur que la saga commence à tourner en rond. En fait, tout cela est reculer pour mieux sauter !

La deuxième moitié de ce livre est absolument fabuleuse. Le rythme monte peu à peu, pour un final incroyable d’intensité. Dans le reste de la saga, on suit en parallèle le destin de chaque protagoniste, ce dernier changeant à chaque chapitre. Dans le final, c’est à chaque paragraphe que cela change. Comme chaque fil narratif est à un comble de suspense, on trépigne d’impatience, quasiment chaque paragraphe se terminant par un « cliffhanger ». Bref, la fin du Chevalier de Sang est digne des meilleures fins de saison de série télévisée.

Du coup, une fois le livre reposé, on n’a qu’une seule envie, c’est de se jeter sur le quatrième et dernier tome. J’ai su résister à la tentation et commencé un autre bouquin, mais j’avoue le regretter au moment où j’écris ces lignes. Mais bon, la frustration a du bon parfois et mon plaisir d’ouvrir la Dernière Reine, le 4me tome des Royaume d’Epines et d’Os, n’en sera que décuplé.

Si les deux premiers tomes avaient séduit par leur richesse, elle est désormais assimilée et nous plongeons cette fois directement au cœur de l’action. Certaines questions trouvent enfin des réponses, même si de nouveaux mystères voient également le jour. Bref, pas une seule page ne nous plonge dans l’ennui. Greg Keyes nous a déjà largement décrit le monde qu’il a fait naître, il peut se consacrer ici entièrement à le faire vivre. Et de quelle façon !

Encore une fois, Les Royaumes d’Epines et d’Os se caractérise par la clarté de l’écriture. Jamais le lecteur ne se sent perdu dans ce monde pourtant complexe et incroyablement riche. C’est là une qualité extrêmement rare pour le genre et qui fait de cette saga une œuvre vraiment remarquable.

Ma conclusion va ressembler à celle du tome précédent. Les Royaumes d’Epines et d’Os, et donc à fortiori son troisième tome, le Chevalier de Sang, représentent un lecture indispensable à tous les amateurs d’héroic fantasy. Mais par sa qualité, elle saura séduire un public bien plus large que les seuls initiés, mais tous les amateurs d’aventures épiques et passionnantes.

QUAND CA VEUT PAS, CA VEUT PAS !

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franceserbieC’est ce que peut se dire l’Equipe de France de football après ses deux matchs contre la Roumanie et la Serbie. Elle confirme aussi que la victoire, c’est souvent une question de dynamique. Quand ça sourit, tout sourit. Mais quand ça coince, rien ne fonctionne.

Objectivement, les Bleus ont livré deux prestations qui ressemblaient quand même à quelque chose. Pas le plus grand football de l’histoire de l’équipe de France, mais un niveau de jeu digne de la qualité individuelle des joueurs présents sur le terrain. C’est quand même rassurant en vue des barrages auxquels il semble désormais difficile d’échapper.

Rassurant… Dans un sens oui… Mais d’un autre côté, les deux matchs de samedi et mercredi ont également souligné à quel point l’opposition était faible. Dominer les Serbes, chez eux, d’une telle manière, à 10 contre 11, représente certes un mini exploit… Mais cela prouve surtout que cette Serbie est une équipe de seconde, voire de troisième zone. Et la voir 4 points devant l’Equipe de France au classement en dit long sur le niveau qu’ont eu nos Bleus pendant ces éliminatoires. On peut accuser le manque de chance sur les deux derniers matchs, mais on aurait du être déjà à l’abris de ce genre de mésaventures, inévitables en football. Mais voilà, la performance catastrophique en Autriche, le mot est faible, avait lancé la campagne des Bleus sur des bien mauvaises bases.

Je n’ai guère de doute quant à la qualification de l’équipe de France pour l’Afrique du Sud. Nos adversaires potentiels en barrage sont d’un niveau bien inférieur à ce que l’on a démontré. Mais bon, après, la magie Domenech peut opérer, celle qui transforme n’importe quel arrière central de renom en buse qui ferait honte à un club de Nationale 2. On n’est jamais à l’abris d’une prise de judo à la Mexes ou une extension rageuse à la Escudé…

SEX AND THE CITY : Happy end dans tous les sens du terme

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sexandthecityafficheL’autre jour, j’ai parlé mon côté midinette, en expliquant que j’aimais notamment Sex and the City. Et bien, je le prouve, puisque après avoir avalé les six saisons, j’ai regardé le film hier soir. Cet avis sera éminemment subjectif pour deux raisons. D’abord, adorant la série, il est difficile de regarder ce film en le considérant comme une œuvre indépendante de cette dernière. Et puis, on m’en avait dit beaucoup de mal et j’ai été agréablement surpris, ce qui n’a fait que décupler mon plaisir.

Trois ans ont passé depuis le retour de Carrie à New York, après un court séjour à Paris. Elle file le parfait amour avec Big, dont on connaît enfin le nom, John Preston. Il acquière d’ailleurs un magnifique penthouse pour qu’ils puissent emménager tous les deux. Ils décident également de se marier, pour que Carrie soit aussi propriétaire de l’appartement. Mais ce qui devait être une petite cérémonie intime se transforme vite en un grand événement sous la pression de Carrie… au risque de faire ressortir les vieux travers de Mr Big.

Sex and the City forme une histoire tout à fait compréhensible, avec un début et une fin. Mais il est réellement dans la continuité de la série et le voir sans avoir vu cette dernière ne doit présenter qu’un intérêt limité. Trop de choses échapperait à un spectateur dont cet univers est totalement inconnu. C’est bien sûr une des grandes limites de ce genre de film. De plus, je doute que voir le film vous donne envie de vous ruer sur la série.

En effet, Sex and the City met un peu de côté, ce qui a fait l’originalité et la saveur de la série : les remarques des femmes sur le cul ! S’il y’a le mot Sex dans le titre de la série, ce n’est pas pour rien. Mais le film est là avant tout pour conclure le fil rouge narratif qui a tenu pendant six saisons : la relation Carrie-Mr Big. Beaucoup ont formulé ça comme un reproche. Personnellement, je parlerais simplement de choix. Franchement, après 94 épisodes, on a quand même surtout envie de voir comment tout ça va finir.

sexandthecityEt pour moi, c’est là qu’est venue la bonne surprise. Pas tant sur le point d’arrivée, qui fait un peu happy end, mais j’y reviendrai. Mais sur le chemin qui nous y emmène. J’avais un peu peur que tout cela finisse un peu trop simplement, dans un grand moment de célébration des personnages et de la série, où le bonheur coulerait par tous les coins. Il n’en est rien et Sex and The City nous rappelle que l’amour, c’est souvent compliqué et surtout souvent n’importe quoi. Et la conclusion de tout ça, c’est qu’il faut parfois arrêter de se poser trop de questions. On ressent ce qu’on ressent, il ne faut pas chercher à comprendre, ni penser aux détails pragmatiques qui sont souvent autant de tue-l’amours. On peut bien tous se l’avouer : il nous ait tous arrivé d’écouter notre cœur au lieu de notre raison, pour au final nous prendre un méchant gadin. On souffre un bon coup, mais bon ça passe et on oublie. Par contre, chaque fois que nous avons écouté notre tête, nous ignorerons à jamais ce qu’il y’a après le « et si… », nous laissant des regrets qui peuvent nous pourchasser le restant de notre vie.

Sex and The City, c’est ça ! Un hymne à l’amour sans condition, qui se vit sans questions existentielles qui viennent tout gâcher. Alors oui, c’est un peu rose bonbon parfois, un peu trop enveloppé dans de la haute couture aussi souvent. On y perd certainement en subtilité, mais, pour moi, on y gagne en force narrative. Et puis, après six saisons passées en leur compagnie, on est trop attaché aux personnages pour avoir envie de voir autre chose qu’une fin heureuse.

Bon, il faut quand même admettre qu’il y’a quelque chose d’un tantinet insupportable. C’est ce rapport malsain qu’ont les Américains avec le mariage, qui semble presque une fin en soi. Sex and The City nous assène pendant près de deux heures qu’au fond le mariage, ce n’est pas le plus important, qu’il représente parfois plutôt une raison de se déchirer que de sublimer la passion… Pour qu’au final, ils se marient quand même… On va mettre ça sur le compte des particularités culturelles de la société américaine.

En fait, cette critique tient en une phrase : vous avez vu la série, ne ratez pas le film !

Fiche technique :
Production : Darren Star productions, HBO Films, New Line cinema
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Michael Patrick King
Scénario : Michael Patrick King, d’après les personnages de Candace Bushnell
Montage : Michale Bernebaum
Photo : John Thomas
Décors : Jeremy Conway
Musique : Aaron Zigman
Effets spéciaux : Big Film Design
Durée : 135 mn

Casting :
Sarah Jessica Parker : Carrie Bradshaw
Kim Cattrall : Samantha Jones
Kristin Davis : Charlotte York
Cynthia Nixon : Miranda Hobbes
Chris North : Mr. Big
Candice Bergen : Enid Frick
Jennifer Hudson : Louise

TELS NAINS, TEL NAIN

nain

nainLa visite de Sarkozy chez Faurecia n’en fini pas de faire couleur de l’encre. Que l’anecdote soit vraie ou non, il n’empêche qu’il manque quand même un élément important dans la réflexion. Les électeurs… ou plutôt pourquoi les hommes politiques se sentent obligés d’en recourir à de telles pratiques.

Dans le cas de Sarkozy, c’est évident qu’il y’ aussi un problème d’ego, regrettable chez quelqu’un qui occupe un tel poste et qui est l’image de la France de part le monde. Mais soyons honnêtes, il ne serait pas le premier à utiliser des subterfuges pour des soucis d’image. Si c’est regrettable puisque cela s’apparente à de la manipulation, ce qui est regrettable également, c’est que ce sont des paramètres dont la maîtrise est devenue indispensable en politique à ce niveau. Et si elles le sont, c’est que les électeurs en tiennent compte !

Bien sûr, on s’attend à ce que les hommes politiques tirent la société vers le haut. Mais tous ceux qui ont étudié un minimum les mécanismes de sélection naturelle vous le diront : si tricher sur son image apporte un avantage sur les gens honnêtes, alors les tricheurs finiront pas éliminer leurs concurrents trop scrupuleux. Et cela, quelque soit la proportion de tricheurs de départ…

Il ne faut donc pas attendre un changement de comportement de la part des hommes politiques. C’est mathématiquement impossible… Ce sont donc aux électeurs de jouer leur rôle et de sanctionner les tricheurs. Mais ce n’est pas gagné…

Il y’a quelques jours, une amie à moi, qui a voté Sarkozy, était furieuse contre une fermeture de classe dans l’école où va sa fille. Les suppressions de postes dans l’éducation nationale étaient pourtant clairement et sans aucune ambiguïté annoncé par le candidat Sarzoky, qui pour le coup, a tenu toutes ses promesses. Pourquoi a-t-elle voté pour lui alors ? Je ne connais pas la réponse précise et exacte, mais je doute fort qu’elle incite les hommes politiques à privilégier le fond et à négliger la forme… Les nains ont de grands jours devant eux en politique…

ECRIRE…OU PAS

livre

livreCes derniers jours ont été le témoin d’un événement rare… J’ai écrit ! Deux pages ! Youhou ! Vu que le texte en question faisait déjà un page, il en fait désormais trois, soit un progrès de 200% ! Impressionnant non ? Bon, quand on sait qu’au milieu de tout ça, il y’a eu un trou de près d’un an, on relativise tout de suite la portée de l’avancé. Et quand on pense qu’il me reste environ 1400 pages à écrire pour arriver à ce que je veux, on relativise encore plus !

Mais bon, on y croit cette fois ! De toute façon, comme je ne fais jamais les choses à moitié, j’ai toujours écrit par vague. Espérons juste que celle-là me permettra enfin d’aller au delà de la nouvelle d’une dizaine de pages. J’avoue, ce n’est pas gagné. Tout est une question de dynamique, c’est comme le vélo d’appartement, les pompes ou les abdos, il faut juste ne pas s’arrêter. C’est reprendre qui est dur, après ça roule tout seul !

Suis-je vraiment motivé ? Sur le court terme, c’est le cas…sinon, j’aurais déjà publié ce billet dès hier soir. Mais voilà, j’ai passé plus d’une demi-heure à chercher quel pourrait être le nom d’un royaume (c’est mon plus grand problème quand j’écris, trouver des noms !). D’ailleurs, j’en profite pour remercier du fond du cœur Ayla pour sa contribution. Et je la remercie encore plus pour ce qu’elle m’a dit tout à l’heure après avoir lu le début… Ca, c’est une vraie source de motivation qui je l’espère perdurera sur le long terme ! J’aimerais bien parce que ce ne sont pas les idées qui manquent, juste le courage de les coucher sur le papier. Si ça faisait en claquant des doigts, j’aurais déjà écrit une dizaine de romans…

… Tâchons déjà d’en écrire un !

NUMBERS (Cat Stevens) : Concept sans énergie

numberscatstevens

numberscatstevensPoursuivons l’exploration de la carrière de Cat Stevens avec Numbers, un album sorti 1975 et qui se veut quelque peu conceptuel. En effet, il est la bande-orignal…d’un livre ! La musique est en fait censée illustrer le monde de « Polygor », décrit par le livre du même nom. Un livre qui n’a pas du beaucoup marquer les mémoires puisque si vous tapez son titre sous Google, vous ne trouverez que des articles faisant référence… au disque de Cat Stevens dont nous sommes en train de parler.

Pourtant, cet album n’a lui aussi rien de très marquant. On a un peu l’impression que Cat Stevens a sorti des chansons du fond de ses tiroirs pour aider deux copains à vendre leur bouquin. Mais ce qui marque encore plus, c’est le manque d’énergie dans la voix, pourtant unique, de Cat Stevens. Il n’y met aucune énergie, ne la pousse jamais et la rend ainsi…presque quelconque. Et ça, ce n’est pas un mince exploit.

Ce manque d’investissement se ressent aussi dans le fait que l’album ne comporte que 9 chansons… On pourrait même dire seulement 7 car la première et la dernière ne sont que des instrumentaux en forme d’introduction et de conclusion.

Numbers est-il totalement à jeter ? Tout de même pas, car du Cat Stevens pas terrible, cela reste quand même mieux que beaucoup de productions. Mais quand on connaît le reste de sa discographie, on ne peut qu’être déçu. On ne gardera en mémoire que « Novim’s Nightmare » et « Home », les deux meilleures chansons de l’album, les seules à être vraiment à la hauteur du talent de Cat Stevens.

Le reste de l’album est composé de ballades souvent fades et surtout chantée sans aucune conviction. Si on retrouve bien la diversité des instruments qui caractérise Cat Stevens, les ruptures de rythme fréquentes sont, elles, totalement absentes. Bref, c’est monocorde et sans relief, tout le contraire des productions actuelles de ce fascinant chanteur.

Numbers ne ravira donc que les fans de Cat Stevens, visant l’exhaustivité de son oeuvre. Les autres ont bien d’autres albums à écouter et pourront aisément oublier celui-là.

Faisons tout de même le tour des titres qui composent cet album.

1.: Whistlestar
Une longue introduction uniquement instrumentales, jouées avec divers instruments pas tous identifiables.

2.: Novim’s Nightmare
Le morceau commence par une introduction douce au piano. Notre impatience grandit donc et se trouve comblée lorsque la voix magique de Cat Stevens se fait entendre.

3.: Majik Of Majiks
La voix se fait plus dure et plus puissante, mais le tout manque quand même cruellement d’énergie.

4.: Drywood
Comme beaucoup de chansons de cet album, ce titre souffre d’un manque d’énergie et de relief.

5.: Banapple Gas
On retrouve tout de même un peu d’énergie dans ce morceau plutôt enjoué. Mais bon, rien de génial non plus.

6.: Land O’freelove And Goodbye
Une nouvelle chanson douce, qui repose donc beaucoup sur la voix de Cat Stevens. Mais contrairement à son habitude, elle ne véhicule ici que très peu d’émotions.

7.: Jzero
Une chanson guillerette, mais sans plus…

8.: Home
La meilleure chanson de l’album, où Cat Stevens met enfin un minimum de conviction dans son chant.

9.: Monad’s Anthem
Un morceau qui ressemble vraiment à un générique de fin. On y entend une voix grave et des choeurs, mais pas Cat Stevens. Le morceau est d’un intérêt plus que limité.

LE BORDEL MAGNIFIQUE (Cali) : Cali, bête de scène !

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lebordelmagnifiquecaliOui bon, j’avoue quelques fois, j’ai des goûts de midinette. J’adore la série des Accro du Shopping, j’ai fini il y’a deux jours Sex and The City et, je n’ai même pas honte de l’avouer, j’aime beaucoup Cali… et même Calogero ! Et oui, il y’a une adolescente prépubère qui sommeille en moi et qui se réveille de temps en temps. C’est vrai, ce n’est pas évidemment à deviner comme ça, au premier abord, surtout un jour comme aujourd’hui où je suis mal rasé.

Et puis, j’aime également infiniment la musique live ! Un morceau (bien) joué en concert véhiculera toujours immensément plus d’émotion que le même interprété en studio. De plus, les artistes ont tendance à nous offrir des versions beaucoup plus rock de leur musique une fois sur scène. Cela rend certains artistes beaucoup plus audibles à mon goût… Même si l’effet inverse existe aussi. J’aime infiniment Nirvana, mais j’avoue n’avoir que peu de plaisir à écouter « From the Muddy Banks of the Wishkah », leur album live que je trouve passablement inaudible.

Mais revenons à Cali. Une amie qui l’avait vu en concert au Printemps de Bourges me l’avait décrit un jour comme une bête de scène. A l’époque, je ne connaissais que très peu et j’avoue avoir été particulièrement sceptique. Le Bordel Magnifique m’a définitivement convaincu et me donne fortement envie de le voir un de ces jours de mes propres yeux… et mes propres oreilles accessoirement.

Qu’on aime ou que l’on n’aime pas Cali, c’est comme pour Johnny, on ne peut pas leur retirer le fait qu’ils se transcendent sur scène et qu’ils ont un sens inné du show et du jeu avec le public. Ils s’éclatent sur scène et ça se sent. Les fans sont en transe et ceux qui apprécient prennent quand même largement leur pied.

Après, certains diront que Cali est le seul artiste à avoir réussi à nous pondre trois albums à partir d’un seul chagrin d’amour ! Je ne sais pas exactement ce qu’elle lui a fait, mais il a quand même du morfler notre ami Cali. Il faut bien admettre qu’il aura un peu de mal à tenir toute une carrière avec ça. Cependant, pas sûr qu’il soit aussi bon pour parler d’amour heureux !

Le Bordel Magnifique est un donc un excellent album live qui pourra séduire un public encore plus large que ses albums studio

Regardons de plus près le détail des titres qui peuplent cet album :

01. Je te souhaite à mon pire ennemi
Alors déjà rien que le titre, rend le morceau génial ! Je pense que tous les mecs, vous êtes comme moi, il y’a un certain nombre de noms qui vous viennent à l’esprit… Bref, je m’égare. Le morceau est ici assez proche de la version studio jusqu’au solo de guitare de la fin qui finit de chauffer définitivement le public.

02. Je m en vais (d’après Miossec)
Cette chanson est beaucoup plus dynamique et rythmée que la précédente. Cali est définitivement dans son concert. De plus, j’ai une histoire particulière avec cette chanson, c’est donc pour moi deux fois plus jouissif.

03. Je ne vivrai pas sans toi
Un morceau au ton beaucoup plus dur. Le refrain est vraiment excellent, les couplets beaucoup plus ordinaires.

04. C’est quand le bonheur ?
Dans ce morceau, Cali fait largement chanter le public. Certains trouveront que ça ressemble à du Patrick Bruel de la grande époque… Après qu’on aime ou qu’on n’aime pas, cette version, très différente de la version studio, constitue un vrai moment de musique live.

05. Menteur
Une chanson beaucoup plus calme, interprété au piano. Bon, du coup, il faut bien admettre que l’on entend bien que Cali n’est pas non plus un dieu du chant…

06. La fin du monde pour dans 10 minutes
Sûrement son texte que je préfère. L’air déjà entraînant en studio l’est encore plus en live.

07. Il y a une question
Du Cali, tout ce qu’il y’a de plus classique. Après, encore une fois, on n’aime ou on n’aime pas…

08. Je sais
Une petite ballade mélancolique. Ce n’est pas le genre dans lequel Cali excelle le plus, mais sa présence équilibre le rythme du concert.

09. Roberta
Cali fait monter la sauce en douceur, avec cette chanson douce qui s’accélère progressivement sur la fin.

10. Pensons à l’avenir
Une chanson un peu lancinante où le manque d’énergie ne peut du coup compenser le manque de profondeur de la voix. Cependant, Cali part dans un délire assez drôle au milieu du morceau.

11. Dolorosa
Un excellent exemple de la manière dont le live peut transformer une chanson. Personnellement, c’est une de ses chansons que j’aime le moins en studio, mais qui prend ici une dimension et une qualité toutes autres.

12. Le grand jour
Une chanson assez simple, jouée au piano et qui permet à Cali de jouer avec le public de manière assez sympa.

13. Qui se soucie de moi
Un son beaucoup plus rock que dans la version studio. Cali se lâche et c’est bon !

14. Elle m’a dit
Pour finir, un de ses plus grands tubes… Et surtout une fusion assez impressionnante avec son public !
 

NUMERO 9 : Inabouti

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numero9afficheJ’entends encore certains d’entre vous s’écrier « oh encore un film d’animation. Il va encore nous expliquer que c’est génial, patati et patata… ». Et bien, pas du tout, cette fois, je vais vous parler d’un film d’animation médiocre. Pourtant la bande-annonce de Numéro 9 semblait prometteuse et la présence de Tim Burton à la production semblait être un gage de qualité.

Dans un futur plus ou moins proche, l’humanité a été exterminée par les machines qu’elle avait elle-même crée. Les derniers être vivants sur Terre sont 9 petites créatures, des sortes de poupées de chiffon crée par le même scientifique qui a mis au moins l’intelligence artificielle à l’origine de la fin de l’humanité. Il vivent dans la peur de la « Bête », une des dernières machines à fonctionner encore. Mais parmi eux, « Numéro 9 » ne peut se résoudre à vivre terré dans la peur et part à la rescousse de « Numéro 6 » tombé dans les griffes de la « Bête ».

Numéro 9 est le premier film d’animation sorti aux Etats-Unis à ne pas avoir été classé « tout public ». Seuls les enfants accompagnés ont pu s’y rendre. Pourtant, il n’y a pas non plus de quoi hurler de terreur. Certes, l’ambiance générale est plutôt sombre, mais pas plus que n’importe quel épisode d’Harry Potter. Enfin de toute façon, un, nous ne sommes pas aux Etats-Unis et deux, si vous êtes en train de lire ce texte, c’est que vous êtes à priori assez grand pour aller voir ce que vous voulez au cinéma.

numero9A l’origine, Numéro 9 était un simple court-métrage qui a été allongé pour le passage sur grand écran. Et malheureusement, ça se ressent dans le scénario qui est assez bancal. La bande-annonce nous a fait miroiter un contenu beaucoup plus riche, alors qu’au final l’histoire est assez linéaire et pas vraiment passionnante. La profondeur que l’on attend dans un film de 80 minutes qui se veut aussi sombre n’est pas du tout au rendez-vous. Le monde de Numéro 9 est trop simpliste pour être véritablement intéressant.

A côté de ça, il faut bien avouer que visuellement, Numéro 9 est un vrai bijou esthétique. Cependant, l’animation a fait de tels progrès depuis 10 ans que ce genre de performance nous émeut de moins en moins. C’est pourtant particulièrement injuste envers le travail remarquable réalisée par toute l’équipe artistique de ce film.

Le casting voix était réellement prestigieux et il n’y a rien à reprocher à Numéro 9. Que ce soit Elijah Wood, John C.Reilly ou Jennifer Connelly, tous les interprètes ont pris leur rôle très au sérieux et apporte une vraie crédibilité et une vraie personnalité aux personnages.

Numéro 9 est un donc un film non abouti, techniquement presque parfait, mais dont l’intérêt du scénario est trop faible pour soulever l’enthousiasme.

Fiche technique :
Production : Focus features, Starz animation, Tim Burton
Distribution : SND distribution
Réalisation : Shane Acker
Scénario : Shane Acker, Pamela Pettler
Montage : Nick Kenwau
Décors : Robert St. Pierre, Fred Warter
Musique : Deborah Lurie
Directeur artistique : Christophe Vacher
Durée : 80 mn

Casting :
Elijah Wood : 9 neuf
John C. Reilly : 5 cinq
Jennifer Connelly : 7 sept
Crispin Glover : 6 six
Martin Landau : 2 deux
Christopher Plummer : 1 un
Fred Tatasciore : 8 huit

TAXE MOI SI TU PEUX !

potdechappementtaxecarbone

potdechappementtaxecarboneBon ok, le blog actualités ne colle pas toujours à cette dernière… Mais bon que voulez-vous, j’ai une vie… Mais peut-être que je pourrais penser à écrire mes billets au bureau au lieu de jouer au Spider-solitaire quand je m’accorde une pause…

La taxe carbone est-elle une bonne idée ? Bien sûr que non… Comme toute idée prise isolément pour traiter un problème de cette complexité. Ce n’est qu’inclus dans une politique globale et portant sur de multiples aspects du problème qu’une telle mesure peut se révéler efficace.

Car on ne peut inciter les gens à changer de comportement que s’ils ont le choix entre deux possibilités. C’est le cas dans beaucoup de nos achats du quotidien, où nous pouvons choisir entre plusieurs produits, aux vertus environnementales différentes. Dans ce cas là en taxant suffisamment le produit le plus polluant, on incite le consommateur à porter son choix sur une solution moins nocive pour l’environnement.

Mais dans le cas qui nous intéresse, qui peut croire que la taxe carbone va inciter les gens à moins rouler ou à isoler leur appartement ? Il n’est pas besoin de taxer le fuel ou le gaz pour constater l’effet d’une hausse de leur prix. Il suffit de se rappeler le cours du pétrole il y’a un peu plus d’un an, avant la crise, quand le baril se vendait le double d’aujourd’hui. Et bien, l’impact sur les comportements fut minime. Alors ce n’est pas une taxe à 15cts la tonne de CO2 qui va changer quoique ce soit.

De plus, la plaisanterie va plus loin. On nous promet que les plus défavorisés, « ceux qui n’ont pas le choix », se verront redistribuer le montant de la taxe carbone sous une forme ou sous une autre… Donc, si je résume, ceux qui peuvent la payer, la paieront, les autres seront remboursés… Mais alors, expliquez moi qui va changer de comportement ?

Cette histoire de taxe carbone n’est donc qu’une vaste plaisanterie, un alibi utilisé par le gouvernement pour se donner bonne conscience et peindre en vert sa politique sociale si injuste (je défiscalise les successions et les revenus des plus fortunés et je taxe la consommation des ménages !). Et les réactions des Verts dans cette histoire montrent bien la démagogie et l’irresponsabilité de ce parti.

Je suis pourtant le premier à penser que taper dans le porte-monnaie est sûrement le meilleur moyen de faire avancer les choses. Mais encore une fois, cela n’est valable que si le consommateur a le choix. Dans le domaine de l’automobile, il faut continuer d’investir dans le recherche pour une alternative crédible au moteur à essence d’aujourd’hui. Dans le domaine du logement, les solutions existent déjà mais seuls les propriétaires-occupants ont intérêt à le mettre en œuvre. Si quelque chose devait être taxé, ce sont les revenus fonciers des propriétaires louant des logements énergiquement « indignes » ! Mais taxer ces gens-là, ce serait taxer les électeurs de l’UMP… et ça pas question !