
Il est classique de voir un roman à succès être adapté à l’écran. Certains films commerciaux à grand succès font parfois l’objet d’une « novelisation », c’est à dire l’écriture d’un roman (souvent médiocre tiré directement du scénario). Il est par contre beaucoup plus exceptionnel de voir réellement un roman tiré d’un film en menant un réel travail d’adaptation, c’est à dire en prenant parfois quelques libertés par rapport à l’œuvre originale. Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Quentin Tarantino s’est livré à l’exercice à partir d’un de ses propres films. Ainsi, Il Était une Fois à Hollywood est un roman tiré du film Once Upon a Time in Hollywood.
L’histoire du roman et du film sont donc très proches mais présentent néanmoins un certain nombre de différence, donc le dénouement. Sa lecture se montrera tout aussi plaisante pour ceux qui ont vu le long métrage que pour ceux qui vont lire directement cet ouvrage. Les deux œuvres ont pour point commun d’être clairement celle d’un cinéphile qui raconte une histoire profondément imprégnée de cinéma. Quand on connaît le pedigree de l’auteur, cela n’est guère étonnant. Le lecteur appréciera d’autant plus le roman s’il partage aussi cet amour. Mais les lecteurs voulant simplement se plonger dans l’ambiance d’une époque et d’un milieu pourront aussi prendre beaucoup de plaisir à parcourir Il Était Une Fois à Hollywood, même sans saisir toutes les références ou savoir exactement qui sont tous les artistes, réalisateurs, actrices ou acteurs, cités au fil des pages.
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Après être arrivé au bout de mon voyage littéraire au long cours avec le personnage du Poulpe, je viens tout juste d’en achever un autre poursuivit en parallèle depuis plusieurs années. En effet, avec le Docteur Pascal, j’ai achevé ma lecture de l’ensemble des Rougon-Macquart d’Emile Zola. Un périple romanesque débuté en 2006. 16 ans, il fallait bien cela pour parcourir une œuvre aussi immense et magistrale, qui nous plonge au cœur d’un morceau de l’histoire de France. Avec ce dernier volet, le lecteur prend pleinement conscience de la dimension scientifique de la démarche de l’auteur. En effet, il est l’occasion de porter un regard sur tous les personnages qui ont peuplé les épisodes précédents et le poids de l’hérédité qui les relie. Si cela peut prêter à sourire à l’aune des connaissances en génétique de 2022, on mesure toute l’ambition de ce portrait littéraire hors du commun.
Le polar est un genre qui rempli des mètres et des mètres de rayon dans les librairies. Il n’est donc pas toujours évident de trouver celui qui va vraiment se démarquer des autres. On peut bien sûr se fier aux auteurs qui ont acquis le statut de valeur sûre du genre. Ou on peut compter sur le hasard. Ou encore sur le bon goût présumé de ses voisins quand il laisse à disposition des livres dans le hall de votre résidence. C’est ainsi que j’ai pu mettre la main sur Au Lieu d’Exécution de Val McDermid. Un roman qui n’a rien de très original, mais qui est assez bien mené pour se laisser lire avec plaisir.
Après le polar dans la Chine contemporaine avec les Courants Fourbes du Lac Taï, retour au polar dans la Chine impérial du 7ème siècle avec de nouvelles aventures du Juge Ti. Une façon de comparer les époques et de mieux comprendre comment les absurdités du régime communiste, délicieusement décrites par Xialong Qiu, ont des racines profondes dans la culture chinoise. Certes, cela se produit à travers un récit écrit par un Hollandais, mais quand on connaît la vie de Robert Van Gulik, on peut estimer qu’il sait de quoi il parle. C’est pourquoi, on peut apprécier Le Paravent de Laque pour toutes ses valeurs.
Certains noms nous semblent familiers car nous avons l’occasion de les entendre régulièrement. Mais en prenant un peu de recul, on s’aperçoit parfois que seul le nom nous est familier et qu’on ne sait finalement pas vraiment de qui il s’agit. Celui de Leila Slimani entrait pleinement pour moi dans cette catégorie. En effet, son nom ne m’évoquait en fait que la polémique née de son journal du confinement dans le journal le Monde, sans que je me demande vraiment jamais à quel titre elle avait été invité à proposer une chronique dans un tel quotidien. J’en sais désormais un peu plus après avoir lu Chanson Douce, le roman pour lequel elle a reçu le Prix Goncourt.
La Chine constitue un merveilleux décor pour les polars. Et ce quelle que soit l’époque pendant laquelle se déroule l’intrigue. J’ai écrit plusieurs avis sur des épisodes des enquêtes du Juge Ti (un autre à venir très bientôt) qui nous font voyager loin dans le passé. Les romans de Qui Xiaolong nous emmènent eux dans une Chine contemporaine au fonctionnement marqué par une absurdité imposée par la dictateur du Parti au pouvoir. Les Courants Fourbes du Lac Taï nous permet d’en saisir toute la portée, tant son auteur s’amuse à dépeindre les travers de son pays natal avec humour et ironie. Pour notre plus grand plaisir.
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