HOME, BEFORE AND AFTER (Regina Spektor), FEAR FEAR (Working’s Men Club), LAST NIGHT IN THE BITTERSWEET (Paolo Nutini) : Valeurs sûres

Home, Before and After de Regina Spektor : Magie de la voix

Home, Before and After de Regina SpektorOn débute avec une artiste que j’adore, Regina Spektor, américaine d’origine russe. J’avais déjà apprécié pleinement ses albums précédents : What We Saw From the Cheap Seats et Remember Us to Life. Home, Before and After, sorti en 2022, ne m’aura pas déçu non plus. La magie opère dès les premières secondes. On est envoûté par sa voix et la douceur qui s’en dégage, même dans certains titres plus chaotique. L’album propose une vraie variété. Le résultat est solide, mais malgré tout inégal. Le positif domine néanmoins largement. On retiendra notamment le titre What Might’ve Been.

Fear Fear de Woking’s Men Club : Insupportable

Fear Fear de Working's Men ClubOn poursuit avec les Anglais de Working’s Men Club et leur album Fear Fear. Dès les premières minutes, leur musique électro se montre criarde et, disons le clairement, insupportable. La voix prend des sonorités des années 80, mais sonne comme une mauvaise imitation. Le ton est parfois sombre, mais en tout cas, jamais harmonieux. Les sonorités cassent les oreilles par leurs constances dans le registre pénible. Une version de luxe existe qui rajoute quelques remixes sans intérêt.

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WE’VE BEEN GOING ABOUT THIS ALL WRONG (Shanon Van Etten), CRUEL COUNTRY (Wilco), A BIT OF PREVIOUS (Belle and Sebastian) : Pour se poser

We’ve Been Going About This All Wrong (Shanon Van Etten) : Ambition vs talent

We've Been Going About This All Wrong de Shanon Van EttenOn débute cet avis musical avec l’Américaine Shanon Van Etten et son album We’ve Been Going About This All Wrong, sorti en 2022. Il nous permet d’entrer dans son univers en douceur. Mais on tique un peu en entendant sa voix haut perchée, pas totalement agréable. Elle nous livre une musique pop posée, ponctuée de quelques envolées mélodiques. Si ce n’est ce petit problème de voix, ce n’est pas désagréable du tout. Mais l’artiste ne possède pas tout à fait le talent à la hauteur de son ambition. Elle fait preuve de maîtrise et de solidité certes, mais le résultat est tout juste propre. Trop propre.

Cruel Country (Wilco) : Country intimiste

Cruel Country de WilcoOn poursuit avec Wilco, un groupe habitué de ces pages, puisque c’est le cinquième album dont je parle ici. Cruel Country est leur douzième. J’ai d’ailleurs raté le précédent, Ode to Joy, sorti entre temps depuis Schmilco en 2016. Mais revenons à celui qui nous intéresse aujourd’hui. On y retrouve leur country intimiste, qui est ici particulièrement épurée. La voix de Jeff Tweedy (dont je parle aussi souvent des albums) se montre séduisante, à la fois claire et profonde. Ils font preuve comme toujours d’une belle maîtrise et d’une vraie conviction. Tout coule avec douceur. Sans aspérité. On peut d’ailleurs se demande si c’est un mal ou un bien car l’intérêt de l’auditeur s’efface quelque peu avec le temps. Il faut dire que l’album ne compte pas moins de 21 titres.

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L’EMPEREUR-DIEU DE DUNE (Frank Herbert) : Ver philosophe

L'Empereur-Dieu de Dune

Imaginez un personnage mi-homme, mi vers géant. Pas facile ? Pourtant, sous la plume de Frank Herbert, cela devient possible. Cette simple idée résume bien ce qui donne son caractère unique à l’univers de Dune qu’il a crée il y a près plus d’un demi-siècle. L’Empereur-Dieu de Dune se déroule 3500 ans après les Enfants de Dune. Le récit se situe pourtant réellement dans la droite lignée des romans précédents. Cela aussi souligne la dimension de l’œuvre.

Trouble de l’imagination

L’Empereur-Dieu de Dune est l’épisode le plus fascinant de la saga (jusqu’à présent). Pas forcément le meilleur ou le plus passionnant (le premier tome restant hors d’atteinte à ce niveau-là), mais celui qui trouble le plus l’imagination. Beaucoup d’éléments pourraient prêter à sourire si elles étaient sortis de leur contexte, mais ici tout a un sens et concourt à un récit totalement unique. On regrettera peut-être qu’encore une fois, Frank Herbert ne semble pas forcément très bien comment apporter une conclusion aussi forte que l’intérêt et la curiosité qu’il a fait naître.

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STOLEN TIME (Abigail Lapell), TURN IT ON ! (Romero), EYEYE (Lykke Li) : Plaisir mesuré

Stolen Time (Abigail Lapell) : Douceur intime

Stolen Time d'Abigail LapellOn commence cet billet avec une chanteuse de folk canadienne, Abigail Lapell et son album Stolen Time, sorti en 2022. Sa voix douce nous accueille dans un murmure délicieux. L’ambiance est particulièrement intimiste et le chant parfaitement maîtrisé. Elle parvient à allier douceur et mordant avec une qualité constante. Le résultat est très agréable, même s’il finit néanmoins par tourner quelque peu en rond. On notera notamment une très jolie reprise de Biding Lights.

Turn It On ! (Romero) : Blondie survitaminée

Turn It On ! de RomeroOn part ensuite en Australie à la rencontre du groupe Romero. Avec Turn It On !, il nous plonge dans une ambiance très rock, même si certains titres ont des accents très pop. Avec la voix féminine d’Alanna Oliver, cela ressemble à Blondie survitaminée. Le résultat est très sympathique, conciliant énergie et maîtrise, sans jamais baisser en qualité. On ne crie pas au génie, mais le groupe met ce qu’il faut de conviction pour nous entraîner avec eux, en partageant même un rien d’enthousiasme.

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LE SIGNAL (Maxime Chattam) : Le Stephen King du pauvre

Le Signal

Je n’avais pas encore jamais lu de roman écrit par Maxime Chattam. Pourtant, je sais qu’il possède une vraie communauté de fans dans un genre littéraire que j’aime quand même beaucoup. Heureusement par un don généreux de mes voisins dans ce qui sert de boîte à livres au sein de ma résidence, j’ai pu mettre la main (puis les yeux) sur le Signal. Le moment fut divertissant et agréable. Par contre, je n’ai pu que constater l’écart avec le grand maître du genre.

Comme dans du beurre

Il y a une qualité qu’on ne peut pas contester à le Signal. Il ne se lit pas, il se dévore. Il peut apparaître comme un pavé, mais on se retrouve à tourner les pages très rapidement, tant le style de Maxime Chattam permet au lecteur de rentrer dans l’histoire dans comme dans du beurre. L’intrigue est chorale, on suit de nombreux personnages en parallèle. Pourtant, il n’y a jamais le début d’une confusion. Les événements, les motivations, les rebondissements sont tous limpides et on parvient d’une traite jusqu’au dénouement. Sans s’être jamais ennuyé une seule page.

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WHEN IT COMES (Dana Gavanski), A LIGHT FOR ATTRACTING ATTENTION (The Smile), BROKEN EQUIPMENT (Bodega) : En toute transparence

When it Comes (Dana Gavanski) : Potentiel inexploité

When it Comes de Dana GavanskiLa première partie de cet avis nous emmène au Canada pour découvrir Dana Gavanski et son deuxième album When it Comes, sorti en 2022. Le potentiel de sa voix se fait tout de suite sentir. Mais la mélodie lancinante et un rien aigrelette qui l’accompagne nous laisse quelque peu circonspect. Malheureusement, le potentiel ne se concrétise jamais vraiment. La douceur domine, mais elle n’est pas accompagnée d’une réelle harmonie. Le résultat n’est jamais enchanteur. Certaines instrumentations se révèlent même plutôt horripilante. L’album tourne vraiment en rond.

A Light for Attracting Attention : Restez groupés !

A Light for Attracting Attention de The SmileThe Smile est un groupe anglais formé par deux membres habituels de Radiohead. Il signe avec A Light for Attracting Attention un album pas du tout à la hauteur de leur groupe d’origine. La voix de Thom Yorke est rendue tristounette et fantomatique par un effet loin du micro désastreux. Même quand la musique se fait plus rock, aucune énergie n’est transmise. Le résultat est vraiment transparent. Quand il monte dans les aigus, sa voix devient même quasi insupportable. On pourrait simplement qualifier leur musique d’évaporée, mais elle s’apparente surtout à un grand vide.

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L’HÉRITAGE DES ESPIONS : Galerie floue

L'Héritage des Espions

Une nouvelle critique sur un roman de John le Carré. Quel peut bien être le sujet abordé par l’Héritage des Espions ? L’amour ? Le sens de la vie ? Non, c’est bien encore une fois une histoire d’espions. L’héritage dont il est question ici est bien celui de ceux qui se mettent au service de Sa Majesté, comme dirait James Bond. Un nouveau roman qui ne surprendra donc en rien les habitués de cet auteur. On y retrouve tout ce qui caractérise son œuvre. Pour le meilleur évidemment. Mais aussi pour le plus plus ardu.

Lecture ardue

Les romans de John le Carré ne sont pas les plus simples à suivre. J’avais déjà dû m’accrocher pour comprendre l’intrigue de Un Pur Espion et plus récemment de Retour de Service. Quand on réalise que dans l’Héritage des Espions, il est question de plusieurs lignes temporelles qui s’entrecroisent. Souvenirs et temps présent alternent et il est très difficile au lecteur de se repérer. Il éprouve beaucoup de difficultés à se repérer et par la même occasion à saisir les enjeux de ce qu’il est en train de lire. Le roman n’est pas excessivement long. On le termine donc avec l’impression d’être passé à côté de quelque chose.

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LES ENFANTS DE DUNE (Frank Herbert) : L’appel du désert

Les Enfants de Dune

Après un épisode originel fascinant (Dune), qui justifie à lui seul le caractère mythique de cet univers, puis un second très décevant (le Messie de Dune), retour sur Arakis avec les Enfants de Dune. Avec ce volet, Frank Herbert renoue avec ce qui a fait le succès du premier épisode. Même sans effet de surprise, et parfois un léger manque d’action, le lecteur se laisse porter par cette ambiance unique dans l’histoire de la science-fiction. Parfois imitée, jamais égalée.

Politique ésotérique

Les Enfants de Dune nous plonge avant tout dans des intrigues politiques pour le contrôle de l’Empire. Le tout se mélange avec des réflexions ésotériques qui sont l’essence même de la saga. Contrairement à l’épisode précédent, ce roman est parcouru par une réelle tension narrative. Du moins au début car il est vrai qu’elle se dilue quelque peu au fur et à mesure que l’ésotérique prend le pas sur tout le reste. On retrouve surtout une galerie de personnages donnant une réelle profondeur au récit.

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DIASPORA PROBLEMS (Soul Glo), INSIDE PROBLEMS (Andrew Bird), BIG TIME (Angel Olsen) : Constance dans la qualité

Diaspora Problems (Soul Glo) : Mauvaise caricature

Diaspora Problems de Soul GloOn commence avec un groupe très rock, les Américains de Soul Glo et leur album Diaspora Problems, sorti en 2022. Malheureusement, l’excès de rock fait que le chant ressemble plutôt à un hurlement. Vomir dans le micro serait un terme approprié. Alors, certes, c’est énergique. Mais absolument pas entraînant. Parfois, on se demande s’il ne s’agit pas d’une parodie. Mais une parodie insupportable, même pas drôle. Aucun titre ne parvient à se démarquer et à sauver l’ensemble.

Inside Problems (Andrew Bird) : Ruptures surprise

Inside Problems d'Andrew BirdOn enchaîne avec l’Américain Andrew Bird, que j’avais découvert à travers Noble Beast, dont la voix très claire interpelle immédiatement à l’entame de Inside Problems. Elle se pose sur des instrumentations jazzy, le plus souvent dans la douceur, le tout formant une belle harmonie, malgré le côté asynchrone des deux éléments. Les mélodies sont ponctuées de ruptures de rythme surprenantes. Il fait preuve au final d’une belle maîtrise et d’une vraie classe. La qualité est constante, le résultat très agréable.

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WET LEG (Wet Leg), SKINTY FIA (Fontaines D.C.), GROWING UP (The Lindas Lindas) : Punk au féminin

Wet Leg de Wet Leg : Basique mais efficace

On démarre avec les Britanniques de Wet Leg et leur premier album, tout simplement intitulé Wet Leg, sorti en 2022. Un duo féminin pour une musique électro-rock assez directe, où les introductions sont parfois en option. Les voix sont parfois un rien aigrelettes, mais dès qu’elles se posent un peu pour prendre de la profondeur, elles ont immédiatement plus d’impact. Elles font preuve d’énergie et de conviction. C’est certes un peu basique, mais très efficace. Et surtout suffisamment varié pour que l’on prenne plaisir à découvrir cet album d’une qualité constante.

Skinty Fia de The Fontaine D.C. : Toujours pas ça

Skinty Fia de Fontaine D.C.Skinty Fia est le troisième album du groupe irlandais Fontaine D.C. que j’évoque dans ces pages. Dogrel m’avait profondément déplu, A Hero’s Death ne m’avait convaincu qu’à moitié. Celui-ci m’a encore une fois laissé sur ma faim. Cela début assez mal dans une ambiance sombre et évaporée, presque mystique, avec un rythme lent. Une des voix est franchement pénible pour un résultat répétitif et criard. Puis l’album monte en puissance. Les titres sont plus posés, mais ne parviennent jamais à vraiment embarquer l’auditeur avec lui. Quelques titres plus pop, plus légers finissent quand même par nous ravir. Globalement, le résultat est solide artistiquement, mais assez transparent.

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